Entretien familier sur la Parole

Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé.

Cette phrase me dit beaucoup sur l’accueil, la fraternité et l’amour mutuel. C’est peut-être là la clé, la qualité primordiale d’un disciple de Jésus. Ce texte me dit aussi qu’un chrétien se devrait d’être accueillant envers tous. La discrimination, l’exclusion ne devraient faire partie de ma vie. Je ne suis peut-être pas toujours dans les dispositions idéales pour être un bon accueillant. Je pense qu’il est bon d’y réfléchir de temps en temps et d’essayer d’y parvenir le plus possible.

Mais, comme j’ai toute la vie pour essayer d’y parvenir le mieux que je peux, je garde espoir que c’est toujours possible d’atteindre un niveau supérieur. Il se peut que je ne puisse y parvenir par mes propres moyens. Cependant, il existe toujours l’aide du Seigneur et de l’Esprit Saint pour réussir.


Pour vous, qui suis-je?

La question de Jésus à ses disciples touche chacune et chacun de nous et exige une réponse non pas en paroles, mais en actes. Une réponse qui ne se trouve pas dans les livres comme une formule, mais dans l’expérience de toute personne qui suit véritablement Jésus, avec l’aide d’un « grand travailleur », l’Esprit Saint, dit le pape François.

Au cœur de la foi chrétienne, il n’y a pas un catalogue de vertus, mais une Personne. La réponse à la question : « Pour vous, qui suis-je? » fait appel à une relation et non à une définition. « La foi n’est pas une adhésion intellectuelle à une doctrine, dit Benoît XVI, mais une relation personnelle au Christ, le Messie de Dieu ».

Je réfléchis aux questions que Jésus me pose aujourd’hui : Qui suis-je pour toi? Qui suis-je dans ta vie? Pourquoi me suis-tu depuis tant d’années? Que veux-tu de moi? Suis-je encore le Seigneur de ta vie, la direction de ton cœur, la raison de ton espérance et de ta confiance? J’y réponds en cherchant dans ma vie les traces de la présence de Dieu.

Seigneur, fais que ma foi en Toi ne soit pas une simple opinion, mais une certitude dans mon cœur.


C’EST L’ESPRIT QUI FAIT VIVRE

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang… » Jésus donnerait-il dans la provocation? Il insiste même : « Cela vous scandalise? », dit-il à ses amis. S’agit-il de cannibalisme? Ce qui leur dit est dur et peut paraître déroutant. Les scribes et les pharisiens ont déjà crié au scandale et au blasphème pour bien moins. Quant à ses fidèles disciples, vont-ils tourner les talons et le quitter? Croire ou ne pas croire? C’est l’instant d’une décision de foi.

Nous avons souvent tendance à fuir les réalités d’En-Haut. Pourtant, c’est dans notre corps, dans notre chair, dans notre être en sa totalité d’homme et de femme que la vie divine se fait connaître, se communique et « prend chair ».

Jésus nous redit : « C’est l’Esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien ». Pourtant, c’est Lui la « Parole faite chair, le Verbe de Dieu ».

Chair et Esprit, deux réalités indissociables de l’Homme créé à l’image de Dieu. L’harmonie entre les deux tient son existence et sa fécondité dans le mystère que l’évangéliste Jean dans son prologue exprime en ces termes inépuisables et fulgurants : « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire… »

Si nous sommes là, de dimanche en dimanche, c’est que nous croyons et savons à la manière des disciples que Jésus est le Saint de Dieu.


« Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours. »

En ce 18e dimanche ordinaire, j’aimerais vous laisser cette prière en pensant aux repas que nous prenons entre amis ou en famille et ce que cela peut signifier :

Voici le pain, voici le vin, le vin qui réjouit le cœur et délie la langue, le vin rouge et vermeil venu des quatre coins du monde, le vin des fruits vendangés, pressés, fermentés. Merci pour le vin!

Voici le pain, celui des jours difficiles et celui des jours d’abondance. Bravo pour le grain, bravo pour la farine, bravo pour la pâte, la levure et la cuisson, voici le pain rompu et le pain partagé. Merci pour le pain!

Merci pour la nappe blanche et les amis réunis, merci pour les assiettes, les couteaux et les verres, merci pour la chandelle, les fleurs, la musique, merci pour la fête qui s’amorce et s’annonce action de grâce.

Que notre pain, que notre vin, que notre table s’ouvre à ta présence. Que le pain se fasse parole, que la vie présente acquière valeur d’éternité maintenant et pour les siècles. Amen

Prenons le temps de tisser des liens entre nous.


Le repos

L’Évangile nous dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » C’est Jésus qui fait cette recommandation à ses disciples qui reviennent d’une mission d’évangélisation. Je crois qu’il me dit à moi aussi, de temps en temps, lorsqu’il voit que je suis trop excité, trop énervé, trop anxieux, trop préoccupé par toutes sortes de chose ou d’événements qui souvent ne sont pas toujours essentiels à mon bien-être physique, moral ou spirituel. Je traduirais cela par, arrête-toi un peu et prend le temps de respirer par le nez. Dieu lui-même nous a montré l’exemple à la fin de la création. Il prit le temps au septième jour de se reposer de son travail ardu de la création du monde. En plus, il s’est plu à admirer son œuvre. Nos repos peuvent aussi nous procurer des moments propices au recueillement, à la réflexion, à l’Action de grâce. Pourquoi ne pas choisir des petits temps privilégiés, de temps en temps, pour se ressaisir, pour analyser où nous en sommes rendus dans notre vie familiale, fraternelle, notre vie de travail. Peut-être aussi faire de la lumière dans notre vie spirituelle.


Plus que du tourisme

Nous voilà au début de l’été. Pour plusieurs personnes, c’est le temps de vivre une sorte de rupture avec un quotidien de besogne qui finit par peser lourd sur les épaules et le cœur. C’est important de faire le vide, de détendre le ressort qui nous propulse toujours plus loin et plus vite, de creuser en nous des espaces pour accueillir la vie, la nature, les autres, des espaces pour s’habiter soi-même.

L’été, moment de repos pour les uns, mais aussi travail parfois lourd pour les autres; temps de nouvelles rencontres ou de retrouvailles, moments de joie partagée pour les uns, mais parfois période de solitude pour les autres. Nombreuses sont les personnes qui ne partiront pas en vacances par manque de moyens ou parce qu’elles sont âgées ou malades.

Notre vie, à la suite de Jésus, c’est plus que du tourisme d’été. Nous ne pouvons nous contenter d’agir comme des touristes d’un moment. Au cours de cet été, vivons en messagères et en messagers marqués par l’Esprit. Que notre temps d’été soit aussi du temps passé avec Dieu qui « inventa les vacances » selon l’expression de Geneviève Pasquier. « Il se reposa le septième jour » dit Gen 2,2.


Bonnes vacances avec Dieu et pour Dieu!

Le 24 juin et le 25 décembre : deux fêtes bien situées dans l’année

Dans le calendrier, plusieurs fêtes liturgiques ont été « installées » à une date stratégique, ayant une grande portée symbolique. C’est le cas du 24 juin et du 25 décembre. Ces deux fêtes célèbrent une naissance alors que le temps de l’ensoleillement change de « direction ». Dans l’hémisphère Nord, le 24 juin se situe parmi les premiers jours où les heures d’ensoleillement commencent à diminuer, alors que le 25 décembre, c’est le contraire. Cela n’est pas sans rappeler la parole de Jean Baptiste à propos de Jésus : « Lui, il faut qu’il grandisse; et moi, que je diminue. » (Jean 3, 30) Ainsi, la date de la naissance de Jésus rappelle que le Christ apporte la lumière au monde, alors que celle de Jean fait penser à son rôle de précurseur, s’effaçant dès que le Messie se manifeste. (Revue Vie liturgique No 431, p.50)

Pour la plupart des communautés du Canada français, la fête de la Saint-Jean revêt une importance particulière, puisque le Baptiste est leur patron spécial. Au Québec, c’est aussi la fête nationale. Le cœur est à la joie, puisque la parole de Dieu nous incite à la fierté en reconnaissant notre dignité de fils et filles de Dieu par l’appel de nos noms, comme cela est arrivé à Jean le Baptiste.


Le Saint Sacrement

En ce dimanche 3 juin, nous célébrons la fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ. Cette fête s’appelle aussi la Fête Dieu.

Le saint sacrement : Prenons le temps de comprendre la portée de ces mots : « Saint » veut dire amour et sacrement signifie « Signe ». Avec le corps et le sang de Jésus offert en sacrifice d’amour pour le monde, nous célébrons l’ultime signe d’amour de Dieu. Le corps, c’est moi, ma personne, nous dit Jésus. « En mangeant ce pain, vous vous associez à moi. » Il fait de même avec le vin qui symbolise la vie offerte. Jésus offre toute sa personne en signe d’amour pour le salut du monde, en signe d’amour pour le monde. Quand nous célébrons l’eucharistie, nous nous arrêtons pour offrir avec Jésus, dans le pain, nos personnes associées à lui. C’est son sacrifice et notre sacrifice qui sont offerts à Dieu. Nous offrons également le vin : nous offrons au Père, nos vies avec la sienne. Connaissez-vous quelque chose de plus beau et de plus signifiant? Offrir sa vie à Dieu avec Jésus! Jésus est prêt à aller jusqu'au bout, à verser son sang, à donner sa vie en signe de la nouvelle Alliance. Mais, il nous revient d'accepter l'Alliance qu'il nous propose : il ne nous sauvera pas « malgré nous »!

Avons-nous oublié le sens de son sang versé pour la multitude? En cette fête Dieu, nous n’irons peut-être pas faire procession dans la rue en portant le Saint-Sacrement. Mais pourquoi ne parlerions-nous pas avec nos enfants, nos adolescents, du sens d’offrir sa vie par amour pour ceux que l’on aime?


La Sainte Trinité

Nous nous apprêtons à célébrer durant les deux prochaines semaines deux fêtes importantes dans l’Église : La Pentecôte et la Sainte Trinité. J’aimerais attirer votre attention sur la fête de la Sainte Trinité. Cette fête célèbre la trinité c’est-à-dire les trois facettes de ce Dieu d’amour. Facette du Père (celui qui engendre la vie) le fils (celui qui reçoit la vie du Père) et l’Esprit Saint (cet esprit d’amour dans la relation entre le Père et le Fils). Donc un Dieu en trois facettes. Cela peut sembler complexe, mais nous pouvons essayer de comprendre à partir d’un exemple dans la nature. Êtes-vous capable de regarder le soleil en pleine face? Non, c’est impossible. Par contre, nous pouvons voir le rayon de soleil qui traverse les nuages. Cela nous amène à penser que ce rayon vient du soleil même si nous ne voyons pas le soleil. De plus, le soleil nous procure de la clarté, beau temps mauvais temps. Transposons cet exemple sur la Trinité. Dieu c’est le soleil, on ne peut le voir. Le Fils c’est le rayon de soleil que nous pouvons entrevoir à travers les nuages dans notre vie. Tout comme ce rayon vient du soleil, le Fils vient de Dieu que nous ne pouvons voir. Et la clarté, c’est l’Esprit Saint qui nous habite et qui est toujours là pour nous éclairer beau temps mauvais temps. Le soleil, le rayon et la clarté c’est une même réalité que nous percevons de différentes façons. Ainsi en est-il de la Trinité.

Puissions-nous découvrir ce soleil qui se présente à nous de trois façons.


Mon commandement : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

Peut-on commander d’aimer? Vous me répondrez certainement : non. On ne peut forcer quelqu’un à aimer. L’amour est un sentiment. Comment Jésus peut-il parler du commandement de l’amour? Pour lui, l’amour n’est pas nécessairement un « feeling », un sentiment. Si tu choisis Dieu dans ta vie, alors il se peut que le mot « amour » prenne un sens différent d’un sentiment, d’une émotion. Tout le monde sait que lorsque tu aimes, tu ne commandes pas l’amour, mais l’Amour commande sans cesse. Pensons aux parents envers leurs enfants. L’amour qu’ils ont pour les enfants les amène à se dépasser sans cesse et à donner leur vie pour eux. La même chose pour les couples : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime ». Jésus est venu nous montrer qui est son Père, Lui, le Dieu d’Amour et il l’a démontré en aimant et en allant jusqu’à donner sa vie sur la croix.

Ce commandement d’amour a quelque chose de particulier. « Aimez-vous… Comme je vous ai aimés. » Ce mot « comme » est important. Jésus a aimé et son amour a toujours été désintéressé, son amour était gratuit, sans rien attendre en retour. Nous sommes invités à aimer comme lui. Et si nous savons aimer comme Lui, nous pouvons dire, comme Lui, que l’amour commande. Alors, le commandement d’amour est rempli de sens.


LE VRAI PASTEUR DONNE SA VIE… ET MOI ?

Lorsque nous évoquons l’image du Bon Pasteur, nous pensons bien sûr aux pasteurs de l’Église, à ceux qui ont répondu à l’appel du Seigneur, mais aussi à ceux qui nous manquent aujourd’hui. Dieu aurait-il cessé d’appeler? Les hommes seraient-ils devenus sourds? Pourtant l’évangile nous rappelle que c’est au cœur du monde que la communauté des disciples doit vivre et grandir en mettant sa confiance dans son Pasteur qui toujours la guide et la protège. Pour se mettre au service de sa communauté, il faut avoir rencontré, avoir été fasciné et ébloui par ce Pasteur qu’est Jésus, avoir vécu dans son intimité, avoir expérimenté réellement l’amour qu’il nous porte. Je crois aussi qu’il faut prendre le temps de rencontrer l’autre pour mieux le connaître, souffrir avec lui et être sensible à son désarroi. Il faut s’approcher de lui et percevoir de très près sa passion de vivre, d’aimer et d’être aimé.

Quand les croyants connaîtront le Christ et connaîtront leurs proches comme Jésus connaissait ses brebis, les vocations de toutes sortes ne devraient pas manquer dans l’Église. Puisque le Christ a donné sa vie pour moi, qu’ai-je à donner pour lui?


Croire sans tout voir

Il m’arrive d’écouter des témoignages de conversion à la télévision. Souvent, il s’agit de personnes qui sont poquées de la vie, qui vivent des dépendances, des humiliations, des intimidations, des rejets. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » dit Jésus à Thomas et finalement à tous les croyants et croyantes d’aujourd’hui. Jésus promet le bonheur à ceux et celles qui croiront en lui. Mais de quel bonheur s’agit-il? Qu’est-ce que d’être heureux? Être riche? Être reconnu? Être puissant? Être dépendant de la drogue, de la boisson, du sexe, de la consommation? Je remarque que la majorité de ces personnes qui viennent témoigner de leur rencontre de Jésus, se sentent soudainement aimées, acceptées pour ce qu’elles sont et comme elles sont. Au fond, être heureux c’est se sentir aimé. Quand on ne se sent pas apprécié par notre entourage ni accepté par la société, se sentir aimé de Dieu nous amène à en témoigner. Nous n’avons pas la chance comme Thomas de « voir » de nos propres yeux. Mais nous avons l’Esprit de Jésus qui nous aide à discerner sa présence au cœur du monde et dans nos propres vies. Il existe aujourd’hui de nombreux signes de la présence de Jésus : des personnes se réunissent, pour prier, pour approfondir leur foi, pour s’entraider dans le quotidien, pour participer à des mouvements qui réclament plus de justice, pour défendre les droits des personnes pauvres et plus fragiles, etc. Et nous, pouvons-nous croire sans tout voir?


La résurrection

Pâques, jour mémorable de la victoire de la vie sur la mort. C’est le sens premier de ma vie de foi chrétienne. Croire que Jésus est ressuscité a-t-il un sens particulier pour moi? Croire que le Père a ressuscité son fils me démontre l’importance que Dieu Père accorde à son Fils. Est-ce que Dieu a le même regard envers moi-même? Mais, je réalise que le Père a ressuscité son Fils après que ce dernier eût accompli totalement sa mission, sa vocation. Moi, quelle est ma mission? Comment suis-je conscient de cette mission qui m’est confiée? Quel est mon comportement face à cette mission? Je crois que premièrement, j’ai à découvrir quelle est ma mission personnelle. Ma mission doit ressembler à celle de Jésus : annoncer comme Jésus que j’ai un Père céleste afin que mon entourage puisse davantage le connaitre et l’aimer. Je dois devenir de jour en jour un disciple-missionnaire pour annoncer l’espérance d’une vie merveilleuse, la confiance de jours de joie véritable tout au long de ma vie. Car je pense que la résurrection a été pour les disciples de Jésus le départ d’une vie nouvelle afin de continuer leur mission respective. La conséquence de l’accomplissement de leur mission est que 2000 ans plus tard, nous croyons encore aujourd’hui.


Face à la croix, face à l’amour

Il m’arrive, lorsque je suis en voiture, de voir sur le bord du chemin, des croix, avec des mots écrits dessus ou des fleurs, de voir également parfois une photo avec le nom d’une personne. Cela nous rappelle qu’une personne est décédée dans un accident à cet endroit. Et si nous avons eu connaissance de l’accident, on s’en souvient; parfois, on se souvient de la personne. D’une certaine façon, on garde vivante la mémoire de cette personne (on veut s’en rappeler). Non seulement il y a de ces indications sur le bord des chemins, mais il y a aussi dans les rangs de nos campagnes des croix de chemin qui ont été érigées par des personnes croyantes. Ces croix de chemin sont devenues au fil des ans des points de repère pour ceux qui circulent dans ces endroits.

Lorsque nous croisons de ces signes sur les routes, lorsque dans nos villages, nous croisons les églises avec leur croix sur le clocher, à quoi pensons-nous? Plusieurs vont répondre, je les vois par habitude, sans trop les voir, d’autres vont penser au Christ mort en croix. Pour ma part, lorsque je vois ces croix, je pense également que Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. Je pense qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime. Il y a, à mon avis, tellement de situations, d’indices, de signes autour de nous qui nous le rappellent. Faire la vérité c’est aimer en acte et en vérité. Ainsi est manifesté que cet amour est accompli en union avec Dieu. 


Oser la confiance

Depuis une dizaine de jours, nous avons pris la route qui nous conduira jusqu’à Pâques. Avec Jésus, nous sommes poussés par l’Esprit dans le désert de nos vies. Là, nous apprenons du Christ à vaincre le tentateur en prenant au sérieux l’invitation qu’il nous a adressée. « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

Ce dimanche, Jésus nous emmène avec Pierre, Jacques et Jean sur une haute montagne. Comme ces trois disciples, nous avons fait le choix courageux de la foi. Nous avons pris au sérieux l’appel que nous a lancé Dieu le jour de notre baptême et nous marchons résolument sur les traces du Christ. Comme Abraham, nous avons entendu l’appel à laisser nos sécurités : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, et tu deviendras une bénédiction. » Même si bien des gens et des évènements nous invitent parfois à prendre un autre chemin, nous continuons de marcher en nous laissant guider par le Christ. Puissions-nous repartir dans la confiance. Que la lumière de Dieu qui brille sur le visage du Christ illumine notre route et nous donne le courage de le suivre jusqu’à la croix. Ainsi, au terme de la route, nous pourrons entrer ensemble avec lui dans la vie éternelle.

(Tiré de Vie liturgique)


« Si tu le veux, tu peux me purifier ».

La lecture de l’évangile de ce dimanche nous rapporte la rencontre de Jésus avec une personne atteinte de la lèpre, une maladie considérée comme contagieuse. À cette demande du lépreux de le guérir, Jésus est pris de compassion pour celui qui désire être libéré de son mal. Il le touche sans craindre d’être contaminé. Il faut dire que dans le temps de Jésus, la lèpre perçue comme une malédiction de Dieu, la conséquence d’un péché personnel ou familial. En guérissant le lépreux, Jésus guérit physiquement le malade et le libère aussi de son péché. Il manifeste du même coup sa puissance devant le mal et révèle la nature de sa mission qui est d’inaugurer le royaume de justice et d’amour de son Père. En ce dimanche du 11 février, chaque année nous soulignons la journée mondiale des malades. Nous sommes invités non seulement à prier pour nos malades, mais aussi les soutenir par nos paroles, nos gestes et nos attitudes dans leur difficulté avec la santé, car nos malades sont emprisonnés et/ou empoisonnés dans leur corps. Nous ne pouvons peut-être pas les guérir physiquement, mais nous pouvons les aider à se libérer de ce qui peut brimer leur liberté et leur donner le goût d’avancer dans la vie. La puissance de Dieu peut guérir, spécialement le cœur blessé par la maladie et ayant de la difficulté à garder espérance en des jours meilleurs. Il nous revient de signifier la présence particulière du Seigneur au cœur de la maladie et la force de la prière qui libère et redonne vie. Il nous revient chaque jour de soigner les corps, mais aussi les cœurs.


Évangile de Marc (1, 21-28)

Jésus parle avec autorité, c’est ce qui me question dans ce texte.

Étymologiquement, « auctoritas » signifie ce qui donne confiance à l’autre en lui permettant de devenir acteur de sa vie. L'autorité des parents par exemple permet à l'enfant de grandir, de construire sa vie. D’après le dictionnaire historique de la langue française ROBERT : « Autorité » vient du latin « auctoritas » désignant le fait d’être « auctor », c’est-à-dire :                    « fondateur, instigateur..., auteur d’une œuvre ».

Jésus ne force personne à l'écouter. Jésus ne force personne à lui obéir. Jésus ne veut pas dominer ceux qui l'entourent! Jésus veut seulement les aider à se réveiller, à se lever, à s'épanouir au soleil de Dieu! Par ses paroles, on l'a vu, il remue profondément les hommes. Il les réveille, les touche, les bouscule, les dérange, les émerveille, les fait réfléchir, les ouvre, leur fait faire un déplacement intérieur, les libère, les guérit, les aide à changer de vie. La parole de Jésus remue, relève, fait grandir, élève, conduit à la Vie! Jésus est instigateur, auteur du « dérangement », du « bousculement », de la levée de Vie en l'homme! C'est pour cela que l'on peut dire que Jésus enseigne avec autorité!

Parler avec autorité, c'est parler avec des paroles qui touchent, qui interpellent, qui agissent. Parler avec autorité, c'est entraîner les autres vers plus de vie!

Et moi?

Quand je parle aux autres, est-ce que j'ai envie qu'ils m'obéissent? Ce que je dis, est-ce pour me placer au-dessus des autres? Ou est-ce pour leur bonheur, pour les aider à grandir? J’ai de quoi réfléchir.


« Que cherchez-vous? »

Dans l’évangile de Jean, nous rencontrons Jésus qui pose son regard sur les premiers disciples en leur demandant : « Que cherchez-vous? » et c’est ce même regard qu’il pose sur chacune et chacun de nous aujourd’hui. Ce regard fait naître et renaître l’enfant de Dieu que nous sommes, car il est rempli de respect, d’amour et de tendresse.

À partir de ce regard, Pierre vit une rencontre qui change sa vie laquelle prend un goût nouveau et trouve son sens véritable. Pierre accepte l’invitation de Jésus : « Venez et vous verrez ».

Dans notre quotidien, nous sommes sensibles au regard, car c’est ainsi que nous communiquons en premier lieu. Regard d’amour, offert et reçu, qui se traduit par des petits gestes et par des paroles qui donnent le goût de vivre. Regard de pardon, offert et reçu, qui nous réconcilie avec nous-mêmes, avec l’autre, avec Dieu. Regard de dignité qui sait accueillir toute personne et reconnaître en elle une femme, un homme, un enfant de Dieu. Il y a aussi des regards de haine, de mépris, de division…

Nous sommes appelés par le Seigneur à venir voir, à l’accompagner, à demeurer auprès de lui pour qu’il nous interpelle au plus profond de nous-mêmes.

Que répondons-nous à la question : « Que cherchez-vous? »


COMMENT RECONNAÎTRE LES TRACES DE SON PASSAGE?

Après ce temps de l’Avent, temps d’attente, c’est maintenant le temps de l’accomplissement. Le cri des prophètes a été entendu. Les cieux se sont déchirés, Dieu a visité son peuple, il est venu demeurer parmi nous. Un enfant dans les bras de sa mère et de son père qui s’étonnent et ne comprennent pas. Pourtant, seulement le regard d’un vieillard nommé Syméon le reconnaît.

En prenant chair de notre chair, le Seigneur a fait de toute famille humaine un sanctuaire de sa grâce. En naissant de la Vierge Marie, il a voulu faire de toutes les mères de ce monde des icônes de sa tendresse. En prenant la main de Joseph, il a voulu faire de chaque père un reflet de sa propre paternité. En prenant chair de notre chair, il a tissé du fil d’or de sa grâce tous les liens qui unissent les hommes et les femmes, afin que toutes choses, désormais, nous parlent de lui, de son amour infini pour chacun et chacune de nous.


Quelle joie?

Le thème du troisième dimanche de l’Avent est la joie. Quand on regarde ce qui se passe dans le monde, guerre, racisme, esclavagisme, traite des humains, maladies, il y a de quoi se demander s’il n’est pas utopique de parler de joie. Mais au juste que signifie la joie : la joie ne signifie pas nécessairement ce qui nous fait sauter quand l’équipe, les Canadiens, gagne une partie, ou quand on crie durant un spectacle ou un exploit quelconque. Cette joie est passagère, éphémère. La joie dont il est question dans la Parole de Dieu ne vient pas des réalités extérieures, des événements ponctuels : elle prend sa source dans le fond du cœur. Nous pourrions dire que la joie apparaît quand est semée en nous l’espérance. Et cette espérance vient quand on se sent aimé de Dieu, quand on sent que nous avons du prix à ses yeux, qu’Il nous aime jusqu’à nous donner son propre Fils par amour, alors on vie de la joie et cette joie nous permet de traverser nos épreuves, supporter les autres à traverser les leurs. Cette joie devient comme une muraille contre laquelle se heurtent les calamités, les événements troubles qui arrivent. La foi chrétienne, cette espérance chrétienne n’apporte pas de solutions magiques aux problèmes que nous rencontrons et elle n’empêche pas d’avoir des épreuves, mais elle nous aide à les traverser. La foi ce n’est pas une police d’assurance. Mais notre espérance nous rappelle que, dans tout ce que nous avons à vivre, il y a Dieu qui habite chez nous, dans notre cœur.


Veillez...

Quand j'entends ce mot « veillez », ce qui me vient à  l'esprit c'est le souvenir d'une vieille expression : « Aller veiller au corps ». Aller veiller c'est dérangeant, ça demande un effort, ça demande aussi de vivre le moment présent. Je pense que je veille pour quelque raison que ce soit, je veille en attendant quelque chose au bout de cette veille. Je veille un corps décédé, je veille un grand malade. Si je veille au corps d'un défunt, il y a quand même une motivation derrière ce geste. J'apporte ma présence, mon empathie, ma sympathie envers les endeuillés. Il y a au fond de chaque veille un motif extraordinaire. Je ne veille pas juste pour veiller; ce serait un non-sens. Si je veille un malade, je sais que c'est important de ne pas abandonner une personne dans un tel moment. Ma présence se veut réconfortante en attente d'une rémission de la santé. Il y a toujours une espérance dans la Veille. Aujourd'hui, Jésus nous demande de veiller, d'être vigilant. Jésus espère nous trouver à  son retour dans cette attitude de veille. « Veillez », nous dit Jésus; et quand il viendra, pour nous tous et pour chacun de nous, il veut avoir la joie de nous dire : « C'est bien; tu m'attendais ! »


Des signes de la présence de Dieu

Nous nous demandons souvent comment et où reconnaître des signes de la présence de Dieu dans nos vies.

La Parole de Dieu du dernier dimanche de l'année liturgique, fête du Christ Roi, nous donne la réponse. C'est dans les gestes de tous les jours, gestes que font les parents pour leurs enfants, les gens ordinaires pour leurs voisins, gestes de solidarité, de gentillesse, d'accueil, gestes d'amour qui peuvent être faits par tous et chacun et qu'une foule de gens font effectivement sans le crier sur les toits.

Jésus nous rappelle que nous serons jugés sur l'amour et exclusivement sur l'amour. Il s'agit d'un amour très simple : donner à manger, à boire, accueillir, habiller, visiter, soigner. Nos plus humbles gestes d'amour ont une valeur infinie, une valeur d'éternité.

C'est maintenant que commence l'éternité, car c'est maintenant que nous pouvons donner à manger à ceux qui ont faim, visiter ceux et celles qui vivent dans la solitude, consoler ceux et celles qui sont dans le deuil.

Écoutons Jésus qui nous redit : « Chaque fois que vous le faites à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous le faites ».


NOVEMBRE : C'EST FAIRE MÉMOIRE DE NOS DÉFUNTS

L'église a toujours prié pour les défunts. Cette prière pour les morts a très vite trouvé son expression ultime dans la messe, non seulement dans celle des funérailles, mais aussi dans toutes celles qui sont célébrées quotidiennement. Durant la prière eucharistique, le prêtre supplie Dieu de se souvenir de nos frères et de nos sœurs qui se sont endormis dans la foi en la résurrection. Sans nous tromper, nous pourrions dire que le mois de novembre ce n'est pas le mois des morts, mais des vivants, car ceux et celles qui sont passés sur l'autre rive sont aussi vivants que nous, d'une autre manière.

Prier pour nos défunts, c'est participer activement à l'éclatement de la vie bienheureuse en eux. Nous comprenons mieux pourquoi cette communion avec eux n'est pas brisée par leur départ. Grâce à l'amour que nous leur portons et par nos prières d'intercession, Dieu veut que nous prenions part à leur nouvelle naissance. C'est pourquoi il est bon de nous souvenir d'eux pour mieux vivre de leur héritage spirituel.


Est-il permis oui ou non de payer l'impôt à l'empereur?

Beau piège que l'on tend à Jésus. À qui doit-on payer l'impôt? De qui sommes-nous sujets? À qui appartenons-nous?

Jésus appelle ses interlocuteurs à faire la vérité avec eux-mêmes. En leur demandant à voir une pièce de monnaie, il démasque au passage leur hypocrisie, puisqu'ils portent dans leur bourse, donc qu'ils l'utilisent, la monnaie de l'empereur. S'ils n'étaient pas sujets de l'empereur, ils n'utiliseraient pas la monnaie impériale. Jésus appelle à la liberté et à la vérité. Nous aussi, il nous appelle à cette vérité et à la liberté : vérité dans l'Esprit et liberté à l'égard des idéologies, des conventions, des préjugés, des légalismes politiques, économiques ou religieux. Par son message et son action, Jésus ne nous incite pas à nous désengager des réalités sociales, politiques et économiques. Il nous appelle plutôt à la liberté en nous délivrant de nos combats illusoires, des dieux imaginaires que nous forgeons pour nous faire découvrir le vrai visage de son Père. La libération que Jésus apporte est plus profonde et plus radicale que celle qu'on peut attendre d'un pouvoir politique ou d'un système économique. Par-dessus tout, Jésus nous apprend que Dieu aime les personnes, qui sont une image de lui-même et un reflet de son amour.

Inspiré de Vie Liturgique.


Évangile de Mt (21,33-43).  Une histoire de vigne.

« Un Homme planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. » « Il la confia à des vignerons et s'en alla ».

Cette histoire semble me dire que Dieu me confie un bien et une mission. Il établit son royaume, il m'installe dans ce royaume pour le faire produire du fruit. Il a tout installé correctement. Tout a été bien préparé, tous les éléments sont en place pour que cette vigne fonctionne bien. En supposant que ma vie fasse partie de ce royaume, est-ce que la partie de la vigne dont je suis responsable, c'est-à-dire moi-même et la mission que j'ai reçue comme enfant de Dieu, j'ai à cœur de la faire fructifier de plus en plus? « Il s'en alla. » Signifie qu'il me fait assez confiance pour ne pas être sur mes talons à me surveiller à tous les instants de ma vie. Il a mis à ma disposition tout ce dont j'ai besoin pour bien fonctionner : l'Église, la prière, les sacrements et une foule de gens merveilleux pour m'accompagner et me guider dans cette mission. Merci, Seigneur, de m'avoir bien entouré pour ma mission!


OUI ou NON ?

Nos comportements sont révélateurs de nos motivations. Si nous agissons avec authenticité, nos paroles sont crédibles. Voilà pourquoi nous nous sentons trahis lorsque quelqu'un se comporte d'une manière qui va à  l'encontre de ce qu'il dit. À plus forte raison lorsque cette personne s'appuie sur la parole de Dieu.

La différence entre le « faire » et le « dire » crée parfois des préjugés défavorables. Dire « oui » et faire « non », c'est perdre de la crédibilité aux yeux des gens qui nous entourent.

« Ne jouons pas les thermomètres, échos fidèles de l'opinion publique, sensibles aux problèmes du monde et de l'église; devenons des thermostats capables de modifier la température ambiante » dit Denis Sonet. Il ne s'agit pas de partager des idées sur l'Évangile, il s'agit surtout de partager sa vie transformée par l'Évangile. Notre progrès intéresse Dieu. Il n'est jamais trop tard pour se convertir et devenir actif, s'engager dans la communauté et dans la paroisse. Chaque minute a un sens. Cette minute ne reviendra jamais plus, il s'agit de la saisir.

Merci, Seigneur, de nous soutenir afin que nos paroles et nos actes traduisent l'intensité de notre foi, proclament notre espérance et fortifient notre amour fraternel!


Se mettre d'accord pour demander quoi que ce soit.

L'Évangile d'aujourd'hui nous montre bien la force de la fraternité comme aussi la force de la prière. Si nous nous mettons d'accord pour demander quelque chose, c'est déjà  obtenu, car le Seigneur ne peut résister à cet amour fraternel qui s'unit pour venir le solliciter. Il faut dire aussi que Dieu ne peut résister à la prière du Christ, son Bien-Aimé, qu'il est au milieu de ceux qui le prient ensemble... Rassemblées dans nos communautés respectives, nos prières unies les unes aux autres, se multiplient et se renforcent, ne l'oublions jamais. Sommes-nous assez conscients de cette force que prend notre prière lorsqu'elle s'appuie sur celle de toute la communauté? C'est priant les uns pour les autres et avec les autres qu'il nous est possible de devenir parfaits comme le Père. La prière est un appel au pardon. L'initiative de la réconciliation vient de Dieu; lui seul peut changer les cœurs. C'est à nous maintenant de créer un climat de réconciliation et de fraternité. Demandons au Seigneur de nous apprendre à pardonner, en faisant grandir notre intelligence, notre volonté et notre amour.


Passe-moi tes clés.

Serions-nous prêts à passer nos clés à n'importe qui? Surtout les clés de la maison. Pourtant, Jésus dit à Pierre : « Je te donnerai les clés du Royaume : Tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux ». C'est plus gros qu'une maison... Ces paroles font appel à la confiance. Quand Pierre a fait sa profession de foi : « tu es le Messie, le Fils de Dieu » Jésus était content, car Pierre commençait à saisir la véritable identité de Jésus. Alors, il en a fait son fondé de pouvoir en lui donnant symboliquement les clés. Mais attention, ce pouvoir ne consiste pas en un pouvoir de vie ou de mort physique ou morale sur les personnes. Ce pouvoir, Jésus en a toujours parlé en termes de service.

Jésus nous pose aujourd'hui la question personnellement : « Pour vous, qui suis-je? » Est-il une énergie quelconque? Est-il une bouée de sauvetage que je veux avoir sous la main quand je suis en péril? Est-il un personnage mythique sur qui je m'appuie pour ne pas me prendre en mains? Est-il un ami, un confident vivant à qui je puis tout dire et qui m'accompagne dans mon humanité, qui m'accueille comme je suis avec mes forces et mes limites et qui est toujours là pour m'aider à me relever? Sommes-nous prêts à recevoir, nous aussi, comme Pierre, les clés du Royaume, car ces clés ont été données à Pierre et à tous les fidèles pour que nous puissions bâtir ce Royaume de paix, de joie, de justice.


La transfiguration.

Événement important pour les disciples, ils ont vu à cette occasion un Jésus différent de celui qu'ils avaient l'habitude de voir. Ils ont vu, ils ont reconnu le vrai Jésus; je dirai qu'ils ont vu à travers cette transfiguration le cœur même de Jésus. J'ai presque envie de dire que cette transfiguration a été pour ces disciples une réelle conversion; cette « métamorphose » a joué énormément sur l'avenir des disciples. Et moi? Est-ce que j'aurais aimé vivre cette rencontre extraordinaire avec Jésus et entendre son père me dire à moi : Tu es mon enfant bien-aimé? Je pense que moi aussi comme les apôtres, j'aurais été effrayé. Peut-être aussi que cette rencontre aurait été pour moi aussi une transformation dans mon cheminement de fils de Dieu. Je ne sais pas exactement, car je n'étais pas là. Je vais essayer de voir quel pourrait être les changements que la lecture de cet Évangile et la réflexion que je peux en faire apporteraient de neuf dans ma vie et dans mon parcours de baptisé.


Ma relation à Dieu, quel trésor!

Dans les évangiles, nous rencontrons Jésus qui nous fait découvrir peu à  peu le royaume des Cieux par des paraboles : une graine moutarde, du levain, un trésor caché, une perle fine, un filet de pêche, etc. Qu'est-ce au juste que le royaume des Cieux? C'est la dimension divine de notre existence, la joie, l'espérance, la vie en plénitude.

Parler du Royaume, c'est parler de Dieu. Dieu, comme le Royaume, n'est pas évident, il est souvent caché, mais il est près de nous et il se laisse trouver. Cela vaut la peine d'abandonner nos anciennes sécurités, de renoncer à des choses moins importantes pour une réalité essentielle qui nous apporte la joie. Il n'y a pas de bonheur plus merveilleux que celui de trouver Dieu. Le Pape François nous le rappelle : « La joie de l'Évangile remplit le cœur et la vie de ceux et celles qui rencontrent Jésus Christ ».

Même en vacances, au beau milieu de l'été, le Seigneur se donne à  découvrir. Le trésor et la perle, c'est en nous, dans nos cœurs que le Seigneur les a enfouis. Soyons des chercheurs et des chercheuses de Celui qui, le premier, est à notre recherche!


LA PAROLE DE DIEU COMME UNE SEMENCE

Au milieu de l’été, prenons le temps de vérifier cette affirmation : « La Parole de Dieu nous habite-t-elle? Si oui, de quelle manière je l’accueille. La terre de mon cœur favorise-t-elle son enracinement? Madeleine Delbrel disait : « La Parole de Dieu, on ne l’emporte pas au bout du monde, dans une mallette : on la porte en soi, on l’emporte en soi. On ne la met pas dans un coin de soi-même, dans sa mémoire comme sur une étagère d’armoire où on l’aurait rangée. On la laisse aller jusqu’au fond de soi, jusqu’à ce gond où pivote tout nous-mêmes. On ne peut être missionnaire sans avoir fait en soi cet accueil franc, large, cordial, à la parole de Dieu, à l’Évangile. »

Béni sois-tu, Seigneur pour ta Parole qui est en moi comme une bonne semence qui porte du fruit en abondance. Béni sois-tu, Seigneur de faire de notre cœur une bonne terre, accueillante pour toi et généreuse pour les autres. Béni sois-tu, Seigneur toi dont la Parole est en notre monde comme une pluie vivifiante de paix, de partage et de justice, pour que notre terre vive de plus en plus dans l’harmonie et la tranquillité. Amen.


N’ayons pas peur

Le texte d’Évangile que nous proclamons aujourd’hui peut sembler étrange s’il est mis hors contexte de la situation de la communauté de Matthieu. Ce chapitre X on peut l’intituler le discours d’envoi en mission des apôtres. Il s’agit d’une série de consignes et de recommandations données par sa communauté à ceux qui partaient annoncer la Bonne Nouvelle dans d’autres villes et villages. C’est dans un contexte de persécution que ces premiers apôtres sont allés partager la Bonne Nouvelle. Ils avaient peur et c’est normal.

Plus rien de secret, plus rien de caché. Il leur est demandé d’annoncer le Royaume de Dieu, de guérir les malades, de ressusciter les morts, de chasser les démons… Pour en arriver à cela, il faudra à ces disciples, de supporter les insultes et des violences.

Et nous en 2017, nous avons, à titre de baptisés, à annoncer cette Bonne Nouvelle que notre Dieu aime tous les humains, de dire notre foi dans une société où tout ce qui concerne la religion, la foi et Dieu est regardé de travers.

Le Christ nous invite à ne pas avoir peur de nous déclarer chrétiens. L’été est à nos portes; aurons-nous le courage de démontrer notre foi en fréquentant les lieux de culte, en disant que nous sommes croyants. Dieu veille sur nous comme il a veillé sur chacun des mouvements des petits moineaux. Nous valons bien plus qu’un moineau aux yeux de Dieu.


Celui qui mange ma chair et boit mon sang…

Dans la bible, les mots ou l’expression chair et sang désignent l’être humain en entier.

Au début de l’évangile de Jean, il est dit : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ». Pour moi cela signifie que le Verbe : la Parole divine s’est faite chair. Cette parole, c’est Jésus et son enseignement.

Dans la vie de tous les jours, parfois, j’entends des paroles comme : « tu me mets les mots dans la bouche », c’est dire que je les prends et les fais miennes, je les mange et elles font partie de moi. Il arrive que j’entende une autre expression : « je mange ou je bois ses paroles ». C’est tellement beau ce que la personne dit que je veux les faire miennes, m’en nourrir ou m’en abreuver.

Jésus dit, je donne ma chair à manger et mon sang à boire. Je pense à ce moment-là qu’il me dit nourris-toi de moi, de mes paroles, de mon agir. C’est comme intégrer totalement Jésus dans ma vie. Je veux que ma vie ressemble à celle de Jésus, que je m’alimente de son discours et des exemples de sa vie. Si je les mange, c’est que j’ai des chances de finir par lui ressembler un petit peu. Dans une prière après la communion souvent il est écrit deviens ce que tu manges. Je viens de me nourrir de la Parole et du Corps de Jésus, quelle sera ma vie à partir de ce moment?


Présent autrement

Durant notre vie, nous traversons différentes étapes : naissance, jeunesse, âge adulte, vieillesse. Puis, vient la fin. Pour Jésus aussi, le jour est venu de mettre un terme à son activité terrestre. Tout ce qu’il avait à accomplir a été accompli. En tout, il avait fait la volonté de son Père.

Pour les disciples, le départ de Jésus a certainement été un moment de tristesse, mais pour Jésus, ce fut plutôt un moment de bonheur, car il avait été fidèle à sa mission jusqu’au bout et il retournait vers son Père. Jésus n’est plus visible à leurs yeux, mais cela ne veut pas dire qu’il est absent. Au contraire, en confiant sa mission aux disciples, il se rend présent autrement. Il en est ainsi pour nous. Ce n’est pas dans le ciel que nous trouvons Dieu, mais dans notre « Galilée à nous », dans notre vie de tous les jours. Comment? En étant, pour nos sœurs et frères, le visage de Jésus, le battement de son cœur, son sourire, sa voix, ses mains charitables, sa force. « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde », dit Jésus. C’est ainsi que, jour après jour, il continue d’être présent, mais autrement. Le croyons-nous vraiment?


5e Dimanche de Pâques

Beaucoup de personnes cherchent Dieu. Il m’arrive de demander aux gens, lors de baptême, s’ils ont déjà vu Dieu. Je n’ai pas de réponse. Pourquoi? Parce que personne n’a vu Dieu même pas Jésus. Cependant si on prend le temps de lire les évangiles, si on prend le temps de méditer les paroles de Jésus et les gestes posés envers les plus mal pris de son temps, on peut voir et saisir que Jésus aimait les gens et leur manifestait de l’amour par ses gestes, ses paroles et ses attitudes. Philippe demande à Jésus de leur montrer Dieu et Jésus de lui répondre : « Il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas, Philippe! » Celui qui m’a vu a vu le Père. Le Père c’est Dieu, c’est l’Amour (avec un grand "A"). Quand nous voyons des manifestations de l’Amour à la manière de Jésus, on voit Dieu, on peut saisir la présence de Dieu. Quand on voit des gens remplis de compassion qui se mettent à aider les gens en difficultés soit par leur écoute, leur accueil, leur attention, leur aide physique, on peut déjà saisir cet amour de Dieu. Quand on voit les yeux des grands-parents devant leurs petits-enfants, on peut saisir le visage de Dieu. Dieu est amour, Jésus nous a montré le chemin de l’amour de Dieu, il nous a montré la vérité c’est-à-dire à être fidèle dans nos engagements d’amour, il nous a montré qu’il a cru en son Père même à travers les jours d’épreuves. Il nous a montré ce qu’est la vie et la vie en abondance. Personne ne peut aller vers l’amour parfait du Père sans aimer à la manière de Jésus, sans don de soi pour ceux que l’on aime.


UN CHEMIN VERS EMMAÜS...

Chaque fois que la déception provoque en nous le doute nous cherchons à changer de direction, à changer de route. Dès que les événements ne se déroulent pas selon notre convenance nous hésitons, nous nous méfions, nous nous abandonnons à l’errance. Et cette scène imprégnée de facilité, d’amour propre et de lassitude n’est guère capable de nous propulser en avant et en altitude. Mais cette route tracée par nos propres pensées et impressions peut déboucher sur d’autres ouvertures que sur l’inaction.

Les disciples d’Emmaüs se retrouvent dans une telle situation, ils repartiront de ce village le cœur rempli de joie et de passion. À la fraction du pain ils reconnurent Jésus, le Ressuscité grâce à ses paroles et ils retrouvèrent l’espérance et l’amitié.

La messe dominicale nous offre la table de la Parole de Dieu, elle nous invite à prendre place à la table du Pain venu des cieux. Notre lieu de célébration, église ou chapelle, devient aussi pour le temps d’une messe, lieu de rencontre du Messie.

Quelle lumière de vérité pour nos vies souvent perturbées, quelle joie pour nos pauvres cœurs si souvent désespérés.

Un texte d’Alain DONIUS


MAIS OÙ PEUT-IL BIEN ÊTRE?

Jésus est ressuscité… Pas facile de croire en la résurrection. Nous les Nord-Américains, nous voulons toujours avoir des preuves pour croire. Mais est-ce cela croire? Nous n’avons aucune preuve scientifique permettant d’appuyer la résurrection de Jésus. Tout ce que nous avons comme certitude, ce sont les récits évangéliques et la parole des personnes proches de Jésus qui affirment avoir mangé et bu avec lui après sa résurrection. Il est difficile de dire sa foi en la résurrection : nous pouvons cependant en reconnaître des signes.

Dans notre vie comme dans notre entourage, partout où il y a de l’amour, le ressuscité est là. Pensons à nos proches, leur accueil, leur bienveillance, leur écoute et leur compassion. Pensons à ceux et celles qui œuvrent auprès des personnes malades, des personnes qui souffrent de discrimination et de solitude. Pensons aux paroles et aux gestes qui consolent et encouragent. Pensons à la joie des familles réunies, à l’accueil de l’étranger, dans les efforts de rapprochement entre chefs d’État pour faire progresser la justice et la paix. La résurrection est une question de foi. Nous pouvons la sentir si nous avons déjà rencontré le Christ. Si nous nous sommes déjà sentis aimés profondément pour ce que nous sommes. C’est à la fraction du pain que les disciples l’ont reconnu, pour nous c’est à la fraction, au partage de notre vécu de foi, que nous le reconnaissons.

Ouvrons grands les yeux et les oreilles. Ouvrons surtout notre cœur. Alléluia IL EST VIVANT. 

 

CROIRE EN JÉSUS

Dans l’Évangile de Jean (11, 1-45), Marthe croît en Jésus qui lui croit en son Père : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé ». Pour moi, aujourd’hui en 2017, que signifie croire en Jésus qui est la Résurrection et la Vie?

Jésus ajoute : « Celui qui croît en moi vivra, même s’il est mort ». Pour vraiment croire en quelqu’un, je pense qu’il est primordial que je connaisse cette personne. Peut-être, pour répondre à une telle question, faut-il essayer de connaître Jésus : l'accompagner sur ses chemins, le regarder vivre, rentrer plus profondément dans sa vie, dans la simplicité de Nazareth, sur les routes de Galilée…, dans les rues de Jérusalem. Croire en Jésus, c'est avoir confiance en cette vie de résurrection qu'il nous propose. C'est la vouloir pour nous, pour aujourd'hui; c'est la désirer fortement!

Croire en Jésus, c'est avoir confiance en cette vie de résurrection toute tournée vers le Père et vers les hommes; c'est croire qu'elle est un Beau Chemin de Lumière, de Paix, de Joie, d'Amour, d'Éternité...

Croire en Jésus, c'est croire que cette Vie est plus forte que toute mort.

Dans ce texte, Jésus me suggère fortement de croire en la résurrection. Est-ce que j’y adhère? Belle réflexion à faire!


 

Se tenir debout pour suivre Jésus

Comment se tenir debout dans un monde en changement continu, un monde de consommation, de matérialisme, un monde qui, peu à peu, perd le sens des valeurs, le sens de la vie?

Dans ce monde, nos désirs sont nombreux et variés. Cependant, quel goût laissent-ils en notre être? Sont-ils ceux qui apaisent la soif ou sont-ils ceux qui, comme les boissons gazeuses, sont conçus pour nous donner encore plus soif? La femme Samaritaine qui vient puiser de l’eau à la source rencontre Celui qui est la Source même et lui dit : « Donne-moi de cette eau afin que je n’aie plus jamais soif. »

Et nos regards : sont-ils terre à terre, seulement humains ou sont-ils capables de vérité? Sont-ils davantage tournés vers le passé plutôt que vers l’avenir? Relisons le récit de l’aveugle né.

En ce temps de Carême, mettons-nous tout particulièrement à l’écoute de la Parole pour rencontrer Celui qui nous aime depuis toujours et qui nous attend. Cette rencontre bouleversera peut-être notre vie… Et si nous parvenions à voir nos sœurs et nos frères au-delà des apparences, à les voir comme Dieu les voit : des personnes qu’Il aime.

Bon Carême!

Les tentations de Jésus au désert : que pourraient-elles signifier pour nous?

La première étant de changer les pierres en pains. (Il avait faim.) Pour nous, cette tentation pourrait être l’envie de réduire la vie à la consommation. On sait comment la société nous incite par mille et un moyens à la surconsommation.

La deuxième tentation est celle des miracles et des prodiges. Il y a souvent chez des personnes profondément religieuses un désir conscient ou inconscient de mettre la main sur Dieu c’est-à-dire de s’attendre à ce que Dieu fasse leur volonté par des actions spectaculaires et dans la facilité. Jésus ne glisse pas dans le merveilleux ni dans le spectaculaire. Ses miracles seront sobres et se voudront toujours des signes de la foi.

La troisième tentation serait d’établir le royaume de Dieu par la manière forte, avec des armées, par un programme ou un régime politique tel qu’on le concevait alors. Aujourd’hui, on pense que le royaume de Dieu est l’état providence qui pourrait subvenir à tous nos besoins.

Nous entrons, avec le carême, dans le monde de Jésus. Le carême n’est pas un simple exercice de prière, de jeûne et d’aumône. Le carême c’est de renoncer à vouloir devenir comme des dieux, en comprenant la divinité à la manière des idoles de ce monde. Le carême c’est de s’accepter comme créature, c’est suivre Jésus, c’est se mettre en marche. C’est découvrir tout simplement le chemin du bonheur et cesser d’être malheureux à trop vouloir une certaine forme de bonheur à travers l’argent, le luxe et le pouvoir qui ne sont que des mirages.

Si nous voulons suivre Jésus, nous nous devons de nous tenir debout et accepter de marcher à sa suite.

Bon Carême

« C’est exigeant d’être chrétien »

Nous le savons tous. Il est exigeant d’être chrétien! Jésus nous oblige à nous compromettre lorsque la justice est en cause, lorsque l’autre est privé de ses droits, de sa dignité! De plus, Jésus nous engage pareillement à la non-violence, à l’absence de haine, de vengeance.

Vous le savez, l’appel à la perfection ralentit d’un bout à l’autre de l’évangile : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ». Cette perfection ne vient pas du sentiment orgueilleux d’être en règle avec toutes les prescriptions de la Loi. Ce serait se tromper grandement. Elle n’est pas de ce monde, elle n’est pas le fruit du seul effort humain si noble soit-il!

Jésus ne propose pas une nouvelle philosophie de la vie qui viendrait nier ou concurrencer celles qui existent déjà. Il vient dépasser et accomplir.  Si nous ne savons plus ce qu’il y a d’original dans la vocation chrétienne, c’est parce que nous avons oublié que la générosité dans nos relations avec les autres est un sacrement de la générosité de Dieu lui-même!

L’évangile nous appelle encore à la bonté, à la générosité, à la gratuité et à l’amour!

« Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde. »

Ces paroles, nous les avons déjà entendues à plusieurs reprises. Aujourd’hui, nous sommes invités à les laisser rejoindre notre cœur.

Elles ont toujours et seront toujours d’actualité dans nos vies. Quand Jésus dit : « vous êtes », il ne dit pas vous pourriez ou vous devriez être. Il affirme simplement vous êtes. Que veulent dire ces paroles?

Lorsqu’on pense au sel, on pense à la saveur ajoutée aux aliments. Jésus nous dit que nous avons du goût et de la saveur. Nous sommes donc invités nous aussi à donner du goût et à mettre en valeur. Cette saveur, c’est notre façon de vivre comme chrétien. Si un chrétien a de la saveur, il a le goût de vivre et ce goût de vivre, il le donne lorsqu’il dit sa foi avec sa vie, lorsqu’il partage l’amour de Dieu avec les personnes qu’il rencontre sur son chemin et lorsqu’il fait ressortir le meilleur en chacun de ceux et celles qu’il côtoie.

Vous êtes la lumière du monde. La lumière est indispensable à la vie. Nous éprouvons tous le besoin de la lumière du soleil qui est source d’énergie. La lumière représente la vie et la joie. Elle rayonne aussi à l’intérieur de nous. Dans notre monde rempli d’obscurité, de mal, la lumière devient l’espoir.

Nous sommes donc des personnes de saveur et de lumière comme l’affirme Jésus. Le bonheur est toujours lié à notre capacité de nous préoccuper du bonheur des autres. Le bonheur se conjugue au pluriel et ses chemins sont ceux de la rencontre. Car, hors de cette foi d’être ouvert à l’autre, il ne peut exister de vie. C’est là notre mission.

Évangile de Matthieu (4,12-23) : Apôtres et Pêcheurs d’hommes.

L’Évangile me dit que Jésus quitte sa famille, son patelin. Il va vers Jean pour se faire baptiser par lui. Ensuite, il va vivre à Capharnaüm. Là, il commence sa prédication en annonçant : La Bonne Nouvelle de Dieu. Il semble qu’il commence seul. Peut-être que dans le même temps, il se cherche des partenaires. Il en trouve. Il les nomme ses disciples dont leur mission est celle de pêcheurs d’hommes. Mais quelle Mission! Devenir pêcheurs d’hommes, c’est aider les humains à sortir de leurs lieux sombres, où le mal, la peur, le désespoir prennent une trop grande place pour les entrainer vers La VieLa LumièreLe BeauLe BienL’Amour! Jésus appelle encore aujourd’hui, Il désire que nous devenions nous aussi des pêcheurs d’hommes : des personnes au regard tourné vers les autres, des personnes prêtes à les aider dans les difficultés, des personnes qui annoncent le Royaume de Bonheur et d’Amour.

Bonne réflexion! Est-ce que je désire vraiment devenir pêcheur d’hommes?

« Un autre chemin »

Il arrive souvent dans nos vies qu’un signe nous est donné, un signe qui nous provoque et qui nous interroge. Ce n’est pas nécessairement une étoile comme celle des Mages, mais peut-être une personne rencontrée, un livre qui nous tombe sous la main, un événement inattendu tels une maladie grave, un enfant qui naît, une perte d’emploi, un nouveau travail, une nouvelle responsabilité, etc.

La route des Mages est celle de la foi. Mais qu’est-ce que la foi? C’est une petite lumière, pas un soleil, mais une étoile qui nous guide sur la route conduisant à la rencontre de Jésus, à condition que nous acceptions de nous mettre en route vers Lui. Cette rencontre change notre vie. Il en fut ainsi pour les Mages. Après la rencontre de l’Enfant Jésus, nous dit l’évangile, ils sont repartis par « un autre chemin ». De même que la rencontre d’un(e) ami(e) nous remplit de joie, de même que ceux et celles qui rencontrent Jésus ne sont plus les mêmes. Ils prennent « un autre chemin ». Et cela se voit dans leurs attitudes et leurs engagements.

Faisons de cette nouvelle année un chemin de rencontre du Seigneur!

Aujourd'hui, Jésus vient pour moi

     Quelques jours avant Noël, nous avons appris que plusieurs jeunes Canadiens et Québécois se rendent en Turquie et en Iraq pour s'enrôler comme membres du soi-disant état terroriste islamique. Ils apprennent à terroriser, brutaliser, détruire, tuer. Souvent, ce sont des jeunes qui ont perdu le goût de vivre. Ils se sentent exclus de leur société, dévalorisés, l'espérance est morte en eux.

     Alors qu'une partie de l'humanité fête à Noël dans la joie la naissance du Christ Sauveur, en même temps, une autre partie de la planète vit des événements horribles de mort et de désolation, en Syrie, dans la ville d'Alep, le massacre de centaines d'hommes, de femmes et d'enfants innocents. Tout être humain qui a le cœur à la bonne place ne peut qu'être horrifié.

     Il est urgent de ne pas nous décourager. Notre espoir est en Dieu.   

     Dieu voit la misère du monde, il entend l'appel à l'aide de son peuple. Dans ce petit Enfant qui nait, Dieu se révèle le Dieu de l’impossible, de l'espoir, le Dieu qui répond à la méchanceté par son amour.

     Toi qui es déçu par tant de souffrances dans le monde, ne faiblis pas, gardes ta foi et ta confiance en Dieu-Amour qui nait dans notre monde. Reste debout et veille! Toi, qui n'attends plus rien de la vie, qui ne croit plus en l'amour humain, ne désespère pas, c'est pour toi que Jésus vient. « Ne laisse pas le monde te voler ton espérance! » (François)

     Toi qui es inquiet, face à ton avenir, tes études, ton travail, ta famille, tes amours, ne baisses pas les bras, Il vient pour toi, pour t'éclairer et te réconforter et Il t'aime sans condition. Amis(es) syriens, nous pensons à vous, nous prions pour vous et nous vous aimons.

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »

Comme Jean et pour les personnes de son temps, ils attendaient un Dieu tout-puissant qui viendrait bousculer les méchants et renverser les puissances de ce monde. Ils attendaient que Dieu réponde à leur désir! Et ce n’est que peu à peu, en méditant la Bonne Nouvelle, en la laissant grandir en eux, qu’ils ont découvert que Dieu était venu pour changer leur désir.

Car les signes de Jésus n’ont rien à voir avec notre attente. Ils ne changent pas le monde, mais bien le regard que nous portons sur le monde. Ils nous ouvrent les yeux, les oreilles et le cœur pour que nous puissions le reconnaître. Les signes de Jésus n’ont rien de grandiose et d’éclatant, et lorsqu’ils bouleversent les foules et semblent faire l’unanimité autour de lui, alors Jésus exige le silence ou s’enfuit dans le désert.

Si nous acceptons que Dieu ne soit pas comme nous l’attendions, alors nous pourrons reconnaître sa présence dans notre propre existence et découvrir que notre histoire personnelle est une histoire sainte, où Dieu vient naître de nouveau!

Debout! Veillons!

Avec ce dimanche, nous amorçons la période de l’avent. Cette période en est une d’attente. Le thème proposé pour cette période est : « Debout! Veillons! ». Vous remarquerez que près de l’ambon y sont déposés deux objets : le bâton du pèlerin et une lanterne. Le bâton du pèlerin évoque pour nous qu’il faut être en marche, donc debout.   La position debout signifie que nous sommes prêts à partir… donc prêts à rendre service, à accueillir, à écouter… Mais avant de marcher, il faut s’arrêter et se mettre en état de veille personnelle et communautaire. Regarder vers où et vers qui aller. L’avent est un temps de veille… Être en veille c’est rester éveillé quand le monde autour de soi s’endort par insouciance, écrasé par le poids de la vie ou étourdi par ce que la société propose. Veiller n’est pas facile : on veille les enfants, on veille les malades, on veille les mourants. On veille pour attendre son ado qui n’est pas encore entré… On veille parce qu’on aime. C’est au cœur de ces heures d’attente que l’amour s’enracine. La meilleure attitude pour entrer dans cette période d’attente c’est d’être debout. La position de la dignité. Dieu nous veut debout, tendu vers la délivrance qui est déjà commencée et qui n’est pas complète encore. Debout pour avancer vers Celui qui vient.

Belle et bonne veille.

13 novembre 2016

Évangile de Luc (21,5-19). La fin des temps?

L'Évangile nous parle de destruction, de guerres, de soulèvements, de tempêtes, d'épidémies, de famine... Et c'est Jésus lui-même qui mentionne ces événements.

Jésus nous dit « ne vous effrayez pas, n'ayez pas peur ». « Ouvrez grande la porte au Seigneur », disait Jean-Paul II au début de son ministère comme Évêque de Rome.

Notre Dieu n'est pas le Dieu de la peur ni de la terreur. Il n'est pas un terroriste. Il veut que nous allions à Lui, que nous retournions vers Lui dans une démarche libre et amoureuse. Il nous attache à lui par des liens de tendresse et d'amour.

Dieu est présent dans notre monde. Il habite notre monde. Sommes-nous capables de lire les signes de sa présence et de découvrir ce qu'Il veut nous dire? Sommes-nous encore capables de nous arrêter, de réfléchir, de faire silence?

Il nous invite à le suivre, même à devenir serviteur souffrant. Et Lui, Il va procurer repos, paix et justice... Il s'agit de persévérer, de continuer d'espérer et de marcher dans ses pas tout en étant conscients de nos pauvretés.

30 octobre 2016

Nous, saints et saintes?

« Novembre : le mois des morts », entendons-nous souvent. Ne serait-il pas plus juste de dire : « Novembre : mois consacré à tous les saints et saintes que sont nos personnes décédées? »

Les saints et saintes, ce sont des hommes et des femmes comme vous et moi. Loin d’être parfaites, ces personnes s’efforcent au quotidien d’être fidèle à l’amour de Dieu et des autres. Elles vivent une relation intime avec le Christ et se laissent habiter et transformer par Lui. Par leurs paroles, leurs actes et leur façon de vivre, elles sont des témoins de Jésus Christ et du Père miséricordieux.

La sainteté n’est pas réservée à quelques personnes qui ont leur nom dans les calendriers ou leur statue dans les églises. « Ils sont nombreux les bienheureux qui n’ont jamais fait parler d’eux », chante Robert Lebel. Ce sont ceux et celles de nos familles, de nos milieux qui ont aimé Dieu et leurs frères et sœurs de leur mieux. Ils ont transmis l’évangile et ses valeurs.

Comptons sur leurs prières, car ils peuvent nous aider à découvrir notre façon personnelle de donner le goût de Dieu en suivant la route des Béatitudes.

16 octobre 2016

Le silence de Dieu

Dieu est silencieux pendant les bombardements sanglants de la ville d'Alep en Syrie. Dieu est silencieux dans la chambre d'hôpital d'un grand malade. Dieu est silencieux quand je souffre de solitude et de découragement. Jésus nous demande de prier, de prier sans cesse et que Dieu répondra à notre appel.

Alors je prie pour la paix dans le monde, et la violence et les conflits continuent, je prie pour nos malades, et la guérison ne vient pas, je prie pour avoir des prêtres, et nous en manquons de plus en plus. Dieu ne m'exauce pas. À quoi ça sert de prier?

Prions-nous avec foi, sans nous lasser comme le suggère Jésus dans son évangile? Jésus qui connait bien le cœur de son Père sait qu'il n'est jamais sourd à nos demandes. Bien sûr, la prière n'a rien de magique et d'automatique, comme dire un chapelet et gagner à la loto.

Dieu, qui est notre Père, nous connait mieux que nous-mêmes. Il connait nos besoins. Il nous accorde plus que nous n'osons demander. Quel est le père qui donnerait un scorpion à son enfant qui lui demande un poisson, dit Jésus. Il nous donne son Esprit Saint, Il nous donne son amour, sa présence et vit avec nous. Avons-nous confiance? Alors, prions sans nous lasser, sans nous décourager.

2 octobre 2016

Avec l’automne, c’est l’invitation à la reconnaissance et à l’émerveillement. Du matin au soir, les montagnes, les forêts et les champs dévoilent leurs nuances pour qu’une prière intérieure s’élève de nos cœurs à la manière de François d’Assise. Lui, le serviteur de la création, le serviteur de Dieu, le serviteur « quelconque » par sa simplicité, nous invite à faire de même.

En ces jours, trouverons-nous un espace pour reconnaître nos couleurs au sein de cette Création et dire merci à Celui qui compte sur nous pour la rendre meilleure?

Pour la fête de saint François d’Assise

Béni sois-tu, ô Seigneur, pour notre sœur la terre : tu l’as faite solide et bonne, tu en as fixé toutes les mesures, tu as posé sa pierre angulaire dans le concret des astres du matin, et tu nous l’as confiée pour que nous la rendions habitable.

Béni sois-tu et loué pour notre frère soleil : c’est toi qui lui commandes, il brille sur les bons, sur les méchants; tu indiques sa place à l’aurore, elle dissipe ses peurs de la nuit, et le monde se colore à nouveau dans la clarté de ton visage.

Didier Rimaud

18 septembre 2016

À quoi sert l’argent

Dans cet évangile, avec la parabole du gérant malhonnête, est-ce que Jésus a l’intention de nous apprendre à frauder, y compris le fisc? S’il avait été employé par une institution financière comme une banque ou une caisse, ce gérant malhonnête n’aurait pas bénéficié de la même clémence qu’auprès du patron de la parabole. Il est facile de constater que les scandales financiers de ces dernières années n’ont guère profité aux personnes qui se sont fait prendre. La différence entre les deux époques ne fait que rendre plus incompréhensible cette parabole qui est délicate à commenter. Ici, Jésus ne veut pas louer l’injustice racontée dans la parabole, mais il loue plutôt la capacité d’adaptation dont le gérant malhonnête fait preuve quand il sent que ça s’annonce plutôt mal pour lui. La principale leçon vient après la parabole « Faites-vous des amis avec l’argent ».  Autrement dit puisque l’argent est trompeur et qu’on ne peut pas s’en passer, utilisons-le pour la bonne cause, qu’il serve à se faire des amis, à aider les gens, mais souvenons-nous qu’on ne peut servir à la fois deux maîtres, Dieu et l’argent. Mettons donc l’argent au service de Dieu et son règne. Il ne faut pas que l’argent soit une fin, mais un moyen.

4 septembre 2016

Être Disciple

L’évangile parle des conditions requises pour devenir disciple de Jésus. J’ai choisi un texte dans le Prions en Église : À celles et ceux qui marchent à sa suite, Jésus présente des conditions : le préférer, porter sa croix et renoncer aux biens matériels. (…) Qu’en est-il pour nous? Sommes-nous de bons disciples? Sommes-nous endormis, découragés, enthousiastes ou persévérants? La sagesse de Dieu nous inspire la confiance. Nous sommes en route, en cheminement. Nous sommes appelés disciples du Christ, mais ce titre reste toujours à conquérir. Comptons sur la force de l’Esprit pour que nous puissions devenir jour après jour de fidèles alliés du Seigneur.

14 août 2016

Des « Je t’aime » en vérité

Dans chacune de nos vies, il y a des paroles et des gestes qui nous ont davantage interpellés et touchés. Parmi les mille et un : « Je t’aime », il s’en est parfois glissé un auquel nous avons cru et qui a changé toute notre vie. Il y a ainsi des paroles et des gestes inattendus, si gratuits qu’on peut se demander d’où ils proviennent et pourquoi ils nous émeuvent tant.

Nous sommes en pleine période estivale, une période où nous pouvons nous ménager des espaces de silence, des oasis de paix pour entendre le Seigneur nous dire : « Je t’aime du même amour avec lequel j’ai aimé mon Fils ». Disciples de Jésus, nous sommes appelés à mettre en pratique ses enseignements c’est-à-dire à être accueil, écoute, pardon, paix, tendresse et compassion pour nos sœurs et pour nos frères. Pourquoi n’oserions-nous pas dire, en profondeur et en vérité, des : « Je t’aime » qui peuvent changer toute une vie? 

Vivre et être ainsi, c’est témoigner de la « joie de l’Évangile ».

31 juillet 2016

Ma vie n'est-elle que du  vent?

Aujourd'hui, la grande préoccupation de la majorité des gens, la sagesse, dirait-on, c'est de se préparer une belle retraite, assurée financièrement, libre de toute inquiétude, sans vivre aux crochets des autres, si possible en bonne santé, l'Âge d'Or, quoi! Pour cela, il faut de l'argent. Fonds de pension, régime enregistré d'épargne retraite, libre d'impôt, voilà des mots qui font partie de notre vocabulaire. L'argent devient la seule et vraie richesse qui mobilise toute la vie. Est-ce à dire qu'il faut mépriser l'argent, les richesses, bien sûr que non. Il en faut des richesses pour vivre et s'épanouir comme être humain et pour partager et éliminer la pauvreté. Cependant, concrètement, l'argent, les biens matériels, sont de bons serviteurs, mais de très mauvais maîtres.

Devant la cupidité des gens face à l'argent, au partage des biens matériels, Jésus dit : « Gardez-vous de toute âpreté au gain, car la vie d'un homme fut-il dans l'abondance ne dépend pas de ses richesses ». La vraie richesse, ce sont les œuvres de Dieu : L'amour de Dieu et l'amour de son prochain comme soi-même. En gardant les yeux de notre cœur fixé sur Dieu notre Père, nous ne pouvons faire autrement que de nous tourner vers nos frères et sœurs, voilà la vraie richesse. Selon le dicton populaire, avons-nous déjà vu un coffre-fort suivre un corbillard?

17 juillet 2016

L’ÉTÉ, UN TEMPS POUR S’ÉMERVEILLER

L’émerveillement n’est-il pas le propre de l’homme ? Ou, pour être plus exact, l’émerveillement n’est-il pas un signe de sainteté ?

L’émerveillement devant la nature est un signe d’humanité. Celui qui sait s’émerveiller est humain. Et la société dans laquelle l’on peut s’émerveiller sans pressions sociales d’aucune sorte a un fondement sain pour tout être humain que nous sommes. Après tout, l’émerveillement est le premier sentiment de la majesté de la nature, de la vie qui passe et des mystères du monde. L’homme ne peut-il pas seul s’émerveiller ? L’animal n’a pas conscience de sa mort et de sa finitude, il ne peut donc pas apprécier la beauté et les mystères offerts par notre condition humaine. Seul l’homme mortel et fini peut s’émerveiller devant l’infini, le parfait et le mystérieux, ou face à l’éphémère, à la fragilité, car l’homme reconnaît sa finitude. « Ces individus qui se prennent pour des dieux et n’acceptent ni leur finitude, ni les mystères du monde, nient leur humanité et ne sont que des monstres froids » disait Paul-Raymond du Lac.

L’été s’offre à nous pour nous permettre de s’émerveiller et de reconnaître ce qui devient saint en nous. Alors, émerveillons-nous !

3 juillet 2016

Bonne route

Aujourd’hui, le texte de la Parole nous invite à aller annoncer la paix, signe du Royaume de Dieu sur terre. Pour ce faire, il nous demande de voyager légèrement ce qui signifie qu’il faut voyager simplement avec le cœur sur la main, avec le goût de partager notre rencontre du Seigneur à travers les événements, la nature, à travers nos rencontres de famille et d’ami(e) s. Voyager léger signifie être plus disponibles pour les autres, avoir plus de temps à leur consacrer tout en étant libres pour recevoir ce que les autres nous apportent. Être libres, être soi-même, sans le poids des soucis, sans la préoccupation de confort ou de biens matériels et au-delà des moyens technologiques. Nous les disciples, nous avons à annoncer le monde de Dieu qui est justice, paix et joie (dans le sens de l’espérance). Par notre façon de vivre, proclamons que ce monde de Dieu est plus proche de nous que nous le croyons. Nous n’avons pas à faire des annonces verbales ou à prononcer de grands discours, mais simplement être des personnes qui respirent la paix et la sérénité. En voyageant « léger », cela nous permettra de nous laisser conduire, de nous laisser construire et de nous laisser transfigurer par Dieu.

Bonne route!

19 juin 2016

Luc (9, 18-24) Jésus veut savoir…

Jésus semble intéressé à savoir si, après un certain temps à vivre parmi eux, les gens savaient qui il était et surtout si ses compagnons de route, eux qui le côtoyaient tous les jours, en savaient davantage. Surprise! Les gens en général semblent ignorer presque tout à son sujet et les apôtres guère mieux, à l’exception de Pierre qui lui lance comme ça : « Tu es le Messie de Dieu ». Je me demande si, comme au temps des apôtres, Jésus me demandait à brûle pour point : « Qui dis-tu que je suis? Me connais-tu? Pourquoi te dis-tu chrétien? ». À bien y penser, je me demande si vraiment je pourrais le reconnaître pour ce qu’Il est. J’ose aller plus loin en me demandant si Jésus est important dans ma vie. Si je réponds oui, comment par mon amour, mon dévouement, je manifeste que je connais vraiment Jésus et sa mission et ma mission à cause de ma foi en ce Jésus mort et ressuscité pour moi. Je pense que j’ai encore besoin de réfléchir à la question.

Bonne semaine!

5 juin 2016

Se laisse «émouvoir» pour se «mouvoir»

Dans l’évangile d’aujourd’hui, deux cortèges se rencontrent aux portes de Naïm. Un convoi funèbre sort, les disciples de Jésus arrivent. Dans le premier cortège, on transporte un mort pour l’enterrer; il s’agit du fils unique d’une mère, d’une veuve par surcroît. Que fait Jésus en voyant le cortège funèbre? Il fut « saisi de pitié » pour cette femme et il lui dit tendrement : « Ne pleure pas ». En d’autres mots, Jésus est pris aux entrailles, touché au-dedans par la détresse de cette femme.

Le Dieu de Jésus Christ n’est pas impassible, lointain, au contraire, il se fait tout proche, jusqu’à être remué par le dedans. Il apparaît comme étant humain, vulnérable, capable de s’émouvoir. Saint Augustin dit que « Jésus s’est servi de choses qui se voient pour conduire notre foi vers les réalités qui ne se voient pas. Il s’est servi de la grande détresse de la veuve pour montrer sa tendresse et sa compassion envers notre humanité ».

« Jeune homme, lève-toi ». Et le jeune homme se redressa. La parole de Jésus est créatrice, elle est parole de vie.

Rappelons-nous, particulièrement dans nos moments plus difficiles, que notre Dieu est Celui qui fait revivre.

22 mai 2016

Je crois en un seul Dieu, dit le juif, le chrétien, le musulman

Qu'ont-ils en commun, tous les trois : Un Dieu unique, Tout-Puissant, Créateur, miséricordieux qui a parlé aux hommes. Tous les trois se réfèrent à la Parole de Dieu, les Écritures, mais l'interprète de façons différentes. L'Ancien Testament pour les juifs, le Nouveau Testament et les Évangiles pour les chrétiens et le Coran pour les musulmans. Dieu a parlé par les prophètes : Pour les chrétiens le plus grands des prophètes c'est Jésus, pour l'Islam c'est Mahomet, pour les juifs le plus grands des prophètes, annoncé dans les Écritures, n'est pas encore venu.

Ni le judaïsme ni l'islam ne reconnaissent, comme dans la foi chrétienne, que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu. En Dieu, il y a trois personnes, le  Père qui nous donne son Fils et nous fait vivre de son Esprit. Être chrétien, c'est vivre de la vie du Père, du Fils et de l'Esprit Saint, par la foi, l'espérance et l'amour, c’est être sauvé par Jésus Christ. Ce qui peut paraître compliqué à nos yeux est très simple aux yeux de Dieu. Aimez, comme moi, je vous ai aimés. Tous et toutes, fils et filles d'un même Père, Dieu voudra nous rassembler tous autour de lui.

8 mai 2016

À NOUS DE PRENDRE LA RELÈVE 

L’Ascension c’est le départ du Christ donc, les disciples n’ont plus la possibilité de l’interroger, il n’est plus là. Ce n’est pas parce qu’il n’est plus là qu’ils n’ont plus aucune responsabilité. Jésus leur promet l’Esprit Saint justement pour qu’ils puissent poursuivre l’œuvre qu’Il a commencé : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui viendra sur vous ; alors vous serez mes témoins ». Inutile de regarder vers le ciel plus longtemps, ils doivent se mettre au travail sans tarder. 

Cette promesse de Jésus est encore valable pour nous aujourd’hui. Chaque jour, il nous faut comme les disciples de son temps, vivre l’insécurité et laisser l’Esprit guider nos vies et agir en son nom d’où l’importance de regarder vers le bas et non vers le haut. En regardant toujours vers le ciel, nous risquons d’oublier les gens avec qui nous vivons. Jésus compte sur nous pour prendre en charge les œuvres qui lui tiennent à cœur. L’Esprit de Jésus nous est donné pour agir en ce monde comme si Jésus agissait à notre place. Alors, allons-y !

24 avril 2016

« Comme je vous ai aimés »

Lorsqu’une personne est à ses derniers moments de sa vie, il arrive souvent qu’elle prononce quelques paroles qui servent d’héritage pour ceux qui restent. Ainsi, mon beau père a demandé à ses enfants sur son lit de mort de rester unis. Jésus, aujourd’hui laisse à ses disciples un testament, son commandement d’amour : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres ». Ici, le « comme » est important. Jésus a aimé ses amis et son amour était un amour gratuit. Cet amour était à l’image même de Dieu. Aimer c’est se mettre au service des autres. Ça passe par les mains, les pieds, le temps, le portefeuille. Pour Jésus, cela peut aller jusqu’à affronter la mort en témoignage. Les belles paroles ne suffisent pas. Il faut aussi des gestes efficaces. La manière que Jésus aime évoque plus que le simple sentiment humain, il parle d’une communion d’amour en Dieu qui se répand en nous et sur nous, un amour capable de pardon et de recommencement. Jésus a voulu que ses disciples s’aiment de cet amour-là. C’est un amour que les chrétiens se doivent entre eux au sein de la communauté chrétienne. C’est pour cela que Jésus dit que : « ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres. »  Et nous aujourd’hui, vivons-nous de cet amour-là?

10 avril 2016

La mission de Simon, fils de Jean

Dans ce texte de la Parole, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon fils de Jean, m’aimes-tu? » Cette question il la pose trois fois et Simon de lui répondre : « Oui, Seigneur, je t’aime » les trois fois. Jésus de Lui répondre à chaque fois : « Sois le berger de mes agneaux. »  Je réalise que la condition essentielle pour être le berger, le chef, le guide des brebis de Jésus, il faut d’abord l’amour de Jésus. C’est suite à l’affirmation de Simon que Jésus le confirme dans sa mission. Est-ce que je peux seulement aimer Jésus et penser que je suis correct? Je me questionne à ce moment-ci à savoir si mon amour pour Jésus est assez fort pour que je m’engage en Église comme baptisé, comme chrétien.

27 mars 2016

Dépasser le « voir » pour « croire »

Christ est ressuscité! Alléluia! Comment rester insensible à l’annonce d’une si bonne nouvelle? Depuis Marie-Madeleine, Pierre, Jean et les autres, ce cri de joie s’est communiqué de génération en génération comme un feu brûlant les cœurs. Cette joie pascale est difficile à décrire tellement elle est profonde; c’est la joie et la paix qui viennent de la foi en Jésus.

La foi a quelque chose de commun avec nos réalités humaines. Nous ne voyons pas l’amour des personnes qui nous aiment. Nous n’en voyons que les signes. Cependant, aucun signe n’est capable de donner la foi à quelqu’un. Il faut dépasser le « voir » pour « croire ». Il faut les yeux du cœur pour croire, il faut les yeux de l’amour. Ainsi les événements de nos vies. Nous ne les comprendrons en profondeur que si nous les éclairons avec la méditation de la Parole de Dieu, dans l’Esprit Saint. C’est l’amour qui fait voir la vérité. Il faut aimer pour croire.

Ma foi en Jésus ressuscité me fait-elle découvrir le Christ présent là où je suis? Est-ce que je crois qu’il est « devant », qu’il me « précède » sur la route de mes petites morts et de mes résurrections?

13 mars 2016

Pourquoi, je pardonnerais....

Jamais je ne lui pardonnerai ce qu'il m’a fait… (Déjà entendu) : Qu'il pourrisse en enfer... Et bien d'autres paroles semblables. Nous n'avons pas le pardon facile. Malheureusement quand on refuse de pardonner, on s'enferme soi-même dans une prison avec des barreaux et sans soleil. Le refus de pardonner rend le cœur dur comme une pierre avec comme fruits empoisonnés : la rancœur, la vengeance, la haine et autres mauvais désirs. Au contraire, le pardon libère, donne la paix du cœur et la joie de vivre et ouvre un chemin d'espérance. Le pardon est bon mentalement et physiquement.

Pourquoi je pardonnerais...

Parce que moi-même le premier, j'ai été pardonné par un Dieu plein de tendresse, de compassion, lent à la colère et plein d'amour...

Parce que Jésus me dit quand je suis en colère : Sois miséricordieux comme ton Père est miséricordieux...

Quand tu es choqué après quelqu'un, regarde Jésus sur la croix, et au lieu de porter sur les autres un regard condescendant, accusateur, humiliant, tu les verras plutôt avec des yeux pleins de compassion. Durant la Semaine Sainte, regardons les yeux de Jésus, il y a là tout un enseignement pour nous qui avons bien souvent de la difficulté avec le pardon et la compassion.

28 février 2016

Le temps de Dieu

À travers la parabole du figuier, Jésus veut nous éveiller à cette autre dimension du temps, au temps de Dieu. En effet, le maître du domaine vient depuis trois années bien comptées, déjà, pour chercher du fruit sur son figuier et n’en trouve pas. Il est donc temps de faire place nette, temps de couper l’arbre inutile qui épuise le sol et gêne la croissance des autres plantes. Le temps des hommes n’a rien donné. C’est alors qu’entre en scène le temps de Dieu, une année encore, seulement un peu de temps. 

Car si Dieu nous donne du temps, pas n’importe lequel, c’est un temps d’amour et de soin, un temps qui espère et qui attend. Le temps de Dieu est un temps qui sait que le fruit viendra un jour, si l’on sait attendre encore un peu. Car le temps de Dieu ne transforme pas d’abord le figuier, mais l’homme qui a planté le figuier. Ce temps de Dieu, c’est celui du père qui attend le prodigue sur la route, c’est celui du berger qui part à la recherche de la brebis perdue, le temps d’un immense amour que rien ne peut décourager.

 

14 février 2016

C’est un temps favorable 

Pour la grande majorité d’entre nous, c’est aujourd’hui que commence officiellement la période de carême, ces « quarante » jours qui nous préparent à célébrer Pâques. Est-il besoin de nous rappeler que le carême a encore sa raison d’être, qu’il peut être, si nous le voulons, un temps de renouveau spirituel, un temps de grâce, un temps favorable pour nous demander ce que nous avons fait de notre baptême. Avec le pape François, demandons-nous : suis-je un « chrétien de salon » (une « identité chrétienne » délayée selon François) ou un vrai disciple de Jésus qui sait que le baptême est plus qu’une décoration? Un temps favorable, avons-nous dit? Un temps pour se rappeler les faveurs de Dieu depuis les origines jusqu’à nous. 

Ce carême présenté par le pape François comme un temps fort au cœur de l’année jubilaire, est vraiment un temps favorable « pour célébrer et expérimenter la miséricorde de Dieu ». Notre communauté chrétienne saura bien faire preuve de créativité afin de vivre et de faire vivre la miséricorde de Dieu qui « est le cœur battant de l’évangile ». Nous, les baptisés, allons faire de ce temps de carême un temps favorable pour apprendre à être miséricordieux comme le Père est miséricordieux. La miséricorde de Dieu se fait accueil, écoute, accompagnement, finalement pardon qui nous donne la force de continuer notre marche vers Pâques, source d’une vie chrétienne renouvelée. 

 Gérard Leblanc d. p.

Extrait de prêtre et pasteur

31 janvier 2016

Évangile de Luc (4, 21-30)

Ce texte semble nous dire que la parole de Jésus même dans son temps et dans son milieu ne parait plus étonner les gens. La population sait qu’il fait des prodiges, des miracles, c’est tout ce qu’elle désire voir. Il en a fait à Capharnaüm, il peut bien en faire ici. Les gens remarquent qu’il parle bien, ils en sont étonnés et très surpris qu’un des leurs dise de si belles choses. Ces belles paroles ne se rendent pas jusqu’à leur cœur. Parce que c’est impossible qu’un homme de leur milieu, fils de charpentier soit si bon prédicateur. Pour les gens de Nazareth, Jésus semble en mettre trop pour être cru. Je réalise qu’aujourd’hui encore la parole de Dieu a tendance à ne pas rejoindre les cœurs. Cette parole est trop dérangeante pour nos jours où nous pouvons, par nos propres moyens, obtenir tout ce que l’on veut. Sauf que le bonheur et la paix du cœur ne proviennent pas de l’abondance de biens que l’on peut s’acheter et posséder. Jésus a toujours sa place et son importance. Pour le découvrir, il est essentiel de s’arrêter de temps en temps.

Les noces de Dieu avec l’Humanité

Jésus commence son ministère en prenant part à une noce à Cana, en Galilée. À cette époque et dans ce milieu, la noce durait plusieurs jours, et l’on invitait les gens du village et des alentours. Mais voilà que le vin manque.

Marie la première s’aperçoit que le vin diminue rapidement et dit tout bonnement à Jésus : « Ils n’ont plus de vin ». Jésus répond que ce n’est pas son heure et, malgré l’apparent refus de Jésus, Marie dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira » c’est-à-dire faites-lui confiance. 

Que se passe-t-il? L’eau est changée en vin. Ici, le symbole est clair : Jésus transforme l’eau rituelle des vieilles outres qui évoquent les pratiques sclérosées de l’Ancien Testament, en un vin pétillant de vie, le vin de la Nouvelle Alliance. 

Le festin de Cana annonce le grand festin des épousailles du Christ avec l’Humanité. Sommes-nous prêts à inviter le Christ à être présent dans chacune de nos vies? Sommes-nous assez conscients du désir de Dieu d’être présent dans toute notre vie? 

La présence de Jésus est transformante : elle change notre regard et notre cœur.

27 décembre 2015

La joie d'être tous et toutes membres d'une même famille.

En quittant le ciel, Jésus se réfugie dans une famille. En recevant Dieu, en lui donnant une famille avec Joseph, Marie fait un cadeau à Dieu en lui permettant de naitre dans notre monde. Mystère d'amour infini : Marie, bénie entre toutes les femmes  accueille le Fils de Dieu et ainsi permet à Dieu de donner un  Sauveur à l'humanité. Par Marie, Dieu s'apparente à nous. Il vient chez nous, nous devenons sa famille. C'est ainsi que chaque famille, la mienne, la vôtre, devient le lieu où Dieu habite sur terre.  Ainsi, chaque famille est appelée à devenir un foyer d'amour, parce que Dieu c'est l'amour. La famille peut être un jardin où fleurissent la tendresse, la compassion, le pardon, ou elle peut devenir  le désert de la solitude et de la souffrance. L'absence de Dieu creuse un vide insoutenable. Pour Jésus, sa famille ne se limite pas aux parents. « Ta mère et tes frères t'attendent dehors. » Qui sont ma mère, mon père, mes frères, mes sœurs? « Ceux qui font la volonté de mon Père, voilà ma mère, mon père, mes frères... » Pour Jésus, nous sommes tous frères. François dit que nous faisons tous partie de la grande maison familiale, paternelle. Notre union dépasse le lien biologique et s'étant à notre prochain. Notre baptême nous le rappelle : tout baptisé est frère et sœur en Jésus-Christ. Que notre famille malgré toutes ses difficultés et ses imperfections soit pour nous un phare, une bouée, un refuge, un nid d'amour.

13 novembre 2015

POUR ÊTRE DANS LA JOIE?

De tous les temps, les humains ont toujours eu soif de bonheur, de paix et de joie. 

Comme eux, nous voudrions être toujours dans la joie.

Paul vient dire que c'est possible : « Soyez toujours dans la joie ». Sa joie, il l'a découvert en prison. Étonnant!

C’est là qu’il a réalisé que le Seigneur Jésus est toujours proche de lui. Du même coup, il a compris qu'avec lui et en l'attendant, il était possible, il était même normal, d'être toujours dans la joie.

La joie dont parle Paul aux Philippiens n'a pas sa source dans la facilité, mais dans l'attente et l'accueil du Christ, et dans la mise en pratique de son Évangile. « Le Seigneur est là tout proche de vous. Il vit en vous. Vous pouvez vivre en lui. » Voilà la raison d'être toujours dans la joie.

« Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David » (Luc 2, 10-11). Voilà la source de la joie, la source d’une joie qui dure, d’une joie qui peut nous habiter chaque jour et pour toujours : le Fils de Dieu vit au milieu de nous, il vit avec nous. Il est notre joie!

29 novembre 2015

« Restez éveillés et priez en tout temps. »

Dans l’évangile de ce jour, Jésus fait une étrange suggestion : « restez éveillés et priez en tout temps. »  Si nous prenons ces mots au pied de la lettre, c’est impossible. Nul ne peut rester éveillé tout le temps. Il faut dormir, car dormir est une chose essentielle à la vie et profondément bienfaisante. Dormir dans l’angoisse c’est mal dormir. Par ailleurs, prier tout le temps est impossible si nous entendons par là porter son attention consciente à Dieu. Toute activité humaine demande de l’attention même celle de jouer. St-Augustin dit que c’est le désir absolu de Dieu qu’il faut mettre en œuvre et que ce désir reste agissant même quand on fait autre chose. On peut penser à ce que l’on fait et garder son désir sur Dieu.

Prier ne se réduit pas à faire des prières. Prier c’est voir sa vie avec une certaine distance et y percevoir la présence et l’amour de Dieu. Prier c’est confier sa vie à plus grand que soi. L’évangile laisse entendre que celui qui s’éparpille dans l’ivrognerie, les soucis de la vie, la poursuite des mille objets de la société de clinquant qui nous caractérise, celui-là s’assoupit et dort. Celui qui au contraire plonge à fond et passionnément dans la vie, celui qui affirme son désir de Dieu, celui-là reste éveillé. D’ici la venue de Jésus, que nous allons célébrer dans un mois, resterons-nous éveillés?

15 novembre 2015

Les ténèbres et la Lumière

L’Évangile de ce jour raconte de grands malheurs : « le soleil s’obscurcira, la lune perdra de son éclat, les étoiles tomberont, etc… ». C’est assez terrible! Après ces énoncés de malheur l’Évangile dit aussi : « Le Seigneur viendra dans toute sa gloire et toute sa puissance… ». C’est merveilleux! Il est là! Ce texte de la parole de Dieu me ramène à ma vie de tous les jours avec ses tristesses et ses joies. Lorsqu’un malheur m’atteint est-ce que je ne me sens pas comme si le ciel me tombait sur la tête? Avec le temps et l’accompagnement et la réflexion et la prière, je revois la lumière et la vie est belle et généreuse envers moi. Est-ce que je conçois que Jésus se manifeste à moi dans toute sa splendeur et cela plusieurs fois dans ma vie? Je continue d’y réfléchir.

1er novembre 2015

« Heureux, bienheureux »

La fête de la Toussaint c’est un peu comme une journée porte ouverte sur l’Église de Jésus Christ. L’Église est heureuse de nous montrer tous ses enfants. Cette fête est un rendez-vous avec les femmes et les hommes de tous les temps qui sont à l’honneur de la famille du Christ et de l’humanité. Il y a ceux et celles qui ont leur nom sur le calendrier ou leur statue dans les églises. Il y a aussi ceux et celles de nos familles, de nos communautés chrétiennes, tous ceux et celles qui ont aimé Dieu et leurs frères et sœurs de leur mieux.

L’Église nous les propose comme des compagnons de route pour aujourd’hui. Nous pouvons compter sur leurs prières pour nous et avec nous. Ils aiment en plénitude et ils sont intensément présents à Dieu et à l’humanité. Ils nous ont transmis l’Évangile et ses valeurs. Ils ne sont pas sur les autels, mais ils ont leur place dans le Royaume de Dieu.

Avec Jésus, nous sommes appelés à partager le triomphe des saints et des saintes.  Demandons à Marie de nous aider à vivre de notre mieux les béatitudes de l’Évangile.

18 octobre 2015

Demain les élections

Sur le bulletin de vote, il y a le nom de candidats qui nous demandent de voter pour eux. Pourquoi? Parce que, disent-ils, c'est nous les meilleurs pour s'occuper de vos affaires, on veut le pouvoir et la gloire qui va avec... peut-être un poste de ministre... Certains se présentent par esprit de service et d'autres moins, tous du bien bon monde!

Ça ressemble parfois à ce que Jacques et Jean, dans l'évangile d'aujourd'hui, demandent à Jésus : Seigneur, nous avons tout laissé pour te suivre, nos familles, etc… nous avons accepté tes paroles, ton enseignement, nous sommes tes intimes, alors, dans ton royaume, donne-nous les meilleures places, de chaque côté de toi, bien en vue. Du bien bon monde eux aussi. Ne les blâmons pas, il peut nous arriver à nous aussi de penser ainsi.

Jésus, c'est le cas de le dire, va les mettre à leur place : Mon royaume n'est pas de ce monde, mon royaume n'est pas comme les royaumes de la terre où les grands font sentir leur puissance et se font servir par les petits. Dans mon royaume, celui qui veut être le premier sera le serviteur, l'esclave de tous. Jésus, lui le maître, donne l'exemple en lavant les pieds de ses disciples.

Dans le royaume de Dieu, toute forme de puissance et de pouvoir, dû à la fortune, à une position sociale avantageuse, est mise au service du plus pauvre.

Revenons aux élections. Aller voter demain c'est poser un geste indispensable (non facultatif) pour maintenir notre démocratie vivante et en bonne santé. Ce n'est pas un privilège, mais un droit souvent durement acquis. Et sur une note humoristique, comme le chantait Félix Leclerc, ne votons pas pour celui qui : la veille des élections, il t'appelait son fiston, et le demain, il avait oublié ton nom!

4 octobre 2015

AIMER, AIMER : ce n’est pas facile...

Nous le savons, Dieu nous aime d’un amour infini et que notre amour devrait aussi être sans limites et de tous les instants. C’est justement la raison d’être du grand commandement que Jésus appelait le premier commandement. Toutefois, Dieu ne se contente pas de nous aimer d’un amour illimité, il nous enveloppe d’une tendresse personnelle. En effet, Dieu ne m’aime pas comme tout le monde, il m’aime comme si j’étais seul au monde au point de me redire chaque jour comme à son Fils unique : Tu es mon Fils ou encore : « Je serai pour toi un Père », et « tu seras pour moi un Fils ».

Si donc il est vrai que Dieu est Amour, qu’il est mon Père, et qu’il m’a fait à son image, n’est-il pas normal que je lui ressemble? Ainsi créé pour ressembler à l’amour que j’ai pour mon Père, j’ai le devoir d’aimer tous mes frères et sœurs qu’il m’a donnés et me prescris d’aimer. Pour aimer ainsi, j’ai besoin de l’Esprit de Jésus, qui par ma prière, me fait aimer comme Dieu aime. Ainsi, petit à petit j’accomplis sa loi et je deviens son enfant bien-aimé.

20 septembre 2015

Un esprit de service

Difficile d’entendre aujourd’hui la demande de Jésus de le suivre sur le chemin de la petitesse. Fiers et orgueilleux comme nous sommes, il ne va pas de soi d’accepter d’être des petits. Oui, difficile de renoncer à nos intérêts personnels, de laisser tomber nos prétentions, d’abandonner nos désirs de prestige et de grandeur pour nous faire serviteurs des faibles et des exclus. C’est aller à l’encontre de ce que le monde véhicule. En réalité, n’est-ce pas le chemin de la liberté que nous propose le Christ? Le serviteur n’est-il pas libre de toute compétition, de toute jalousie? N’est-il pas grand quand il sème son amour, sa justice et sa paix? À l’exemple du pape François qui a une très grande responsabilité dans l’Église et dans le monde, et qui exerce sa responsabilité comme un service qu’il rend au monde. Lui, le Pape se rend petit et serviteur des serviteurs. Nous avons à apprendre du petit et surtout le servir, c’est-à-dire mettre toutes nos habiletés, nos qualités, nos aptitudes à servir ceux qui sont mis de côté, ceux qui sont exclus de la société, ceux que l’on regarde de haut.

Seigneur, tu connais bien notre nature humaine. Tu ne nous condamnes pas. Tu nous présentes un enfant comme modèle pour susciter en nous l’ouverture et la simplicité. Apprends-nous l’abandon et la confiance.

6 septembre 2015

Il fait entendre les sourds et parler les muets.

Encore une fois, Jésus accomplit un miracle qui transforme la vie d’un individu. L’entourage du sourd-muet est dans l’émerveillement. Il proclame la puissance et le savoir-faire de Jésus. Aujourd’hui, il est plus difficile de voir de tels miracles se produire sous nos yeux. Cependant, dans chacune de nos vies il se passe de belles et grandes choses.

Est-ce que je suis apte à voir le doigt de Dieu qui agit en moi, avec moi, autour de moi? Est-ce que je pense de le remercier pour ce que je vis de beau et de grand? Est-ce que j’ai le courage de témoigner de la présence et de la bienfaisance de Dieu dans ma vie? Je pense que je vais y réfléchir un peu cette semaine.

30 août 2015

Partir ou rester

Les paroles de Jésus : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle » semblent intolérables. Les disciples sont scandalisés; certains qui avaient commencé un bout de chemin avec lui l’abandonnent. Ces paroles, en effet, ne se comprennent pas selon le mode de connaissance habituel par les sens et par l’intelligence rationnelle, mais ne s’entendent que dans la foi et par la foi.

Comment accueillons-nous ce « grand mystère de foi », ce mystère de la présence du Christ sous les espèces du pain et du vin? De nos propres forces, il nous est impossible de répondre à la suite de Pierre : « Quant à nous, nous croyons. Tu as les paroles de la vie éternelle. »

Entendons le discours sur le pain de vie comme une invitation à partager l’intimité avec Dieu, à s’attacher à Lui et nous ne serons pas déçus.

Partir ou rester? Me fiant sur la fidélité du Christ Jésus à mon endroit, je choisis de rester. Et vous?

 

9 août 2015 

Il est bon le riz, hein!

Pour près de la moitié des humains de la terre, le pain est synonyme de vie. Pour l'autre grosse moitié, c'est le riz.

Après une catastrophe naturelle ou pendant une guerre dévastatrice, les organismes d'aide humanitaire comme la Croix Rouge ou le Croissant Rouge et autres vont au secours des sinistrés et des réfugiés pour les nourrir et les garder en vie. Cette aide, c'est d'abord de la farine ou du riz. Je voyais dernièrement à la télé, quelques réfugiés réunis autour d'un chaudron de riz et qui disaient en riant, c'est bon, hein!

Il me vient à l'esprit ces deux réflexions : Ayons un immense respect pour le pain de chaque jour et ne le gaspillons pas. Ne jetons pas le pain, ne serait-ce qu'un crouton sec, partageons-le. Ce pain que nos pères d'autrefois bénissaient avant de nous le partager est sacré. Et deuxième réflexion, il est question de pain dans l'évangile d'aujourd'hui, un pain tout à fait spécial, ce pain-là est plus important que le pain ordinaire. Il vient d'en haut, dit Jésus, pas de la terre, et parce qu'il vient du ciel, il est capable de faire vivre éternellement ceux qui en mangent. Ce pain-là, c'est moi-même, donné pour la vie du monde. Il ne suffit pas de savoir que le pain venu du ciel nous est donné pour avoir la vie de Dieu en nous, il faut surtout s'en nourrir et donner à manger à ceux qui ont faim et qui ont besoin de nous pour manger le pain de vie.

26 juillet 2015

Avons-nous faim de Dieu?

Eh oui, Jésus vient de nourrir plusieurs milliers de personnes. Et ce n’était pas de la malbouffe. Parmi ces gens, plusieurs venaient entendre Jésus parce qu’il disait des paroles qui donnaient de l’espérance. D’autres étaient là parce qu’il faisait des miracles. D’autres, par contre, voulaient voir quelque chose de spectaculaire. Cela nous amène à nous questionner : avons-nous faim de Dieu? Avons-nous vraiment faim de Dieu quand on lit le semainier au lieu d’écouter le commentaire sur l’Évangile qui est fait, quand on veut aller à la messe parce que c’est telle ou telle personne qui la préside, quand on trouve cela trop long, quand la célébration dominicale n’est pas à l’heure qui me convient? Se pourrait-il que nous ne recherchions pas Dieu, mais notre intérêt? Du prêt à manger…

Quel intérêt avons-nous face à Dieu? Qu’il nous donne la santé, qu’il nous procure le succès, qu’il nous fasse gagner au loto… Ce n’est pas mauvais en soi, mais ce que nous demandons c’est encore du pain. Prenons-nous conscience que le vrai pain qui donne la vie c’est Jésus? Il y a notre vie biologique, mais il y a aussi notre vie spirituelle, celle qui nous tient liés à Jésus, à Dieu. Prions-nous pour marchander avec Dieu? Alors que Lui nous offre simplement son amour.

Quel genre de pain allons-nous offrir à nos frères et sœurs cette semaine?

Gérard Leblanc d. p. 

12 juillet 2015

Évangile de Mc (6, 7-13).

L’évangile de ce dimanche me dit que Jésus avait choisi, invité et envoyé en mission ces apôtres. Il leur donne les consignes pour le voyage : ne rien apporter sauf un bâton et des sandales pour la marche. Il me semble que c’est peu comme bagages pour un voyage de ce genre. Peut-être que cela signifiait qu’ils possédaient déjà à l’intérieur de leur coeur tout le nécessaire pour cette mission.

Aujourd’hui, je me demande si Jésus me faisait la même invitation et me donnait la même mission, quelle serait mon attitude et ma réponse à cet appel? Est-ce que je possède en moi le nécessaire pour répondre à ma mission de baptisé? J’ose répondre : oui. Cependant est-ce que je dirais : oui à cet engagement? Peut-être que j’y réfléchirais un peu et qu’une certaine crainte se manifesterait. Mais avec l’appui de l’Esprit Saint, je devrais réussir à faire un travail adéquat.

André Gagné

 

28 juin 2015

Toucher et se laisser toucher

L’évangile de Marc rapporte aujourd’hui deux miracles : la femme guérie et la fillette sauvée de la mort. Et le verbe toucher est souligné: la femme touche Jésus et est guérie, Jésus prend la petite fille par la main et elle est guérie.

Marc dit l’importance de prendre contact avec le Seigneur. Ailleurs, il écrit que tous ceux qui avaient des infirmités se précipitaient sur le Seigneur pour le toucher. Et, en réponse à leur foi, ils étaient guéris. Rien ne résiste à Jésus sauf le manque de foi.

Nous portons tous et toutes des souffrances physiques et morales. Nos vies sont fragiles. Nos manques, nos faiblesses, nos vides sont autant de raisons de vouloir entrer en contact avec le Seigneur. Il ne fera pas nécessairement disparaître nos maladies et nos fauteuils roulants mais il a le pouvoir d’apaiser nos angoisses et de raviver notre espérance.

Apprenons à faire pleinement confiance au Seigneur et à nous laisser «toucher» par lui; donnons-nous des temps de silence et croyons qu’il saura toucher en nous ce qui a besoin d’être guéri car il nous connaît mieux que nous-mêmes.

 

14 juin 2015

Aujourd’hui, Jésus nous enseigne que le Royaume de Dieu est comme une graine semée en terre. La semence germe et grandit. Le cultivateur ne tire pas sur les tiges de blé en attendant la moisson ; il dort et se repose pour faire face au travail gigantesque que la terre, le soleil et la pluie prépare dans le secret. Ainsi la Parole de Dieu a été semée en nous… et dans le monde.

Comme la graine doit se trouver en terre pour croître, la Bonne Nouvelle de l’Évangile doit être annoncée pour atteindre sa maturité. Et cette tâche nous revient, chrétiens, chrétiennes. La première responsabilité consiste à l’annoncer en sachant qu’une bonne part de sa réalisation revient à Dieu, ce qui nous invite à faire confiance à sa présence agissante.

La parole doit aussi s’accompagner par le témoignage de la vie imprégnée des valeurs évangéliques de fraternité, de compassion, d’amour et de communion.

Prions l’Esprit Saint de nous inspirer à comment ajuster nos vies à la Parole de Jésus.

 

Danielle Boulanger, s.s.c.m

 

31 mai 2015

La Sainte Trinité?


On raconte qu'un jour l'évêque Augustin marchait sur le bord de la mer et se creusait les méninges pour comprendre la Sainte Trinité. Un enfant avait fait un petit trou dans le sable et avec ses mains y mettait de l'eau de la mer. Augustin s'arrête et dit à l'enfant: que fais-tu là? Je veux mettre la mer dans le petit trou. Augustin rétorque: Tu n'y arriveras jamais! L'enfant: Et toi, tu ne comprendras jamais la Sainte Trinité.


Dieu n'est pas une invention des religions, ni la trouvaille d'un illuminé. C'est Jésus qui nous apporte la plus claire image que nous pouvons avoir de Dieu. Dieu est mon Père, dit Jésus, il est aussi votre Père qui aime et qui pardonne. Mon Père et moi, nous sommes un. Je suis le Fils de Dieu envoyé votre salut et je vous envoie l'Esprit Saint, l'Esprit d'amour, qui prolonge la présence de Dieu parmi vous. Ce mystère est tellement grand, débordant de lumière comme le soleil qu'on ne peut regarder en face, que nous n'aurons jamais assez de toute notre vie, de mots et d'idées pour le décrire.


Comme vous, je suis baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, Il faut en prendre conscience, en vivre et montrer à nos frères et soeurs que nous sommes fils et filles d'un même Père, frères et soeurs de Jésus Christ grâce à l'Esprit qui habite en nos coeurs.


Mon professeur de théologie au Grand Séminaire, l'abbé Jean-Marc Poulin nous disait: j'ai bien hâte d'arriver un jour au ciel pour demander des explications sur la Sainte Trinité et voir Dieu face à face. Aujourd'hui, mon professeur de théologie doit avoir des réponses à ses questions.

 

17 mai 2015

Ascension du Seigneur

L’évangéliste Marc termine son Évangile en écrivant : Jésus est le fils de Dieu et Il est ressuscité. Par contre, le premier texte du livre des Actes des Apôtres est comme la suite de l’Évangile. Jésus est monté au ciel  mais son histoire n’est pas terminée; elle se continue avec l’Église. « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle ». Pour Jésus, sa mission est accomplie. Pour les disciples, elle commence et elle se continue aujourd’hui. Cette Parole s’adresse à nous. Depuis notre baptême, nous avons une mission. Nous avons à aller porter la Bonne Nouvelle de son amour, de sa vie donnée, d’un monde meilleur à nos frères et sœurs. Que veut dire aller porter la bonne nouvelle? Cela signifie manifester dans notre vie que nous sommes aimés de Dieu, que nous voulons aimer comme Jésus. Jésus nous a montré qui est le Père et comment il nous aime : jusqu’à donner sa vie. Même si nous sommes moins habiles avec les mots, nous pouvons traduire son message par nos actions, notre entraide, nos gestes de partage, notre écoute, nos sourires, nos attitudes, par notre soutien mutuel. En témoignant ainsi de l’amour de Jésus, nous rendons présent Jésus au monde, nous manifestons l’amour de Dieu pour l’humanité et nous continuons d’annoncer la Bonne Nouvelle

3 mai 2015

«Tout sarment qui donne du fruit, mon Père le nettoie pour qu’il en donne davantage.» Je réfléchis pour découvrir en moi ce qui déjà peut porter du fruit. Je regarde si ce que j’apporte aux autres leur permet d’être plus fructueux et d’accomplir davantage la volonté de Dieu. Ainsi le royaume  de Dieu s’agrandira et son règne arrivera. Si je ne suis pas satisfait, je dois demander de l’aide. Je demande à Dieu de me diriger dans le nettoyage de mes sarments qui sont plus ou moins fructueux. Il se peut que seul, je ne puisse y arriver ou que je nettoie seulement ce qui fait mon affaire, ce qui demande le moins d’effort. Ce que je suis certain, c’est que je dois demeurer relié au tronc qui est Jésus. Sinon, je passe complètement à côté du but principal de la vie. C’est en demeurant relié au tronc que je pourrais recevoir l’aide de Jésus et que les fruits que je porterai auront une plus longue vie.

19 avril 2015

Si Jésus revenait…aujourd’hui

Tout au long du temps pascal, les évangiles du dimanche nous font entendre des récits d’apparition du Christ ressuscité.  Aujourd’hui, c’est «aux onze Apôtres et à leurs compagnons» écoutant les disciples d’Emmaüs partager leur expérience de la rencontre du Seigneur que le Christ ressuscité se rend visible.

Les Apôtres sont sous le choc car ils ne le reconnaissent pas : «ils croient voir un esprit». Nous n’avons pas à les juger. Le même Jésus ne cesse de nous rejoindre tout au long de notre vie. Il n’a pas à revenir : il est déjà là. Nous aussi nous faisons l’expérience de la rencontre du Christ ressuscité : ce peut être à travers une expérience de pardon, d’une rencontre qui nous a redonné vie, dynamisme, espérance ou d’autres traces de sa Présence.

Après les avoir écoutés dans leur désarroi, Jésus «leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures».  Il les invite à la FOI leur faisant découvrir une nouvelle façon d’être en lien avec Lui.

Prenons le temps de sentir cette présence de Jésus en nous, cette présence dans le pain de la Parole et dans le pain eucharistique que nous partageons chaque semaine.

5 avril 2015

« Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, alléluia! »Psaume 117.

La première lecture de ce jour nous raconte la joie des apôtres qui ont expérimenté la joie du Christ en la partageant par leur témoignage missionnaire. Et la joie du Christ prend sa source dans la présence vivante du Père . Et la Bonne Nouvelle, c’est que Dieu nous offre sa vie, non une vie fragile, mais une vie profonde, intense, pleine et donc sa joie,.

La résurrection est la joie la plus grande parce qu’au matin de Pâques , Dieu a déterré la condition humaine du pays de la mort pour la planter dans le jardin de la Vie! Cette fête de Pâques est pour nous un appel à vivre en ressuscités. Jésus nous ouvre le chemin. Avec Lui nous pouvons dire aux autres qu’Ils peuvent marcher vers la lumière.

Que la fête de Pâques réanime en nous le désir d’être des témoins limpides du Ressuscité , de ce Christ vivant qui est devenu Lumière pour nos esprits et nos cœurs.  Christ est ressuscité. Alleluia!

22 mars 2015

Paroles d'Évangile en action.

Le pape François ne fait pas que prêcher la Bonne Nouvelle de l'Évangile. Comme Jésus, son attention bienveillante va aux pauvres et aux exclus de ce monde. En voici quelques exemples.

Un sans-abris était connu des gens de la place Saint-Pierre pour les services qu'il rendait, pour l'attention  qu'il portait aux plus  mal-pris que lui et par ses paroles de foi. Après sa mort, le pape demanda que sa dépouille mortelle soit inhumé dans un cimetière réputé  près de la basilique, à côté  des grands personnages romains, laïcs et religieux .Le pape François a demandé à une centaine de sans-abris de distribuer sur la place Saint-Pierre au moment de l'Angelus du dimanche un livret composé par le pape intitulé: Le soin du coeur. Il a autorisé que tous les lundis, sur la place Saint-Pierre, des barbiers offrent leurs service gratuitement aux sans abris  pour la coupe de cheveux et le rasage. Il a aussi voulu que trois douches soient installées à la disposition des sans-abris sous les colonnades de place Saint-Pierre tous les jours de la semaine excepté le dimanche. Petites graines de semence qui donnent du fruits.

 Par ces gestes concrets, le pape François nous invite à nous montrer bienveillants envers les plus démunis, comme on nous y invite aujourd'hui, en supportant généreusement  les oeuvres de Développement et Paix.

8 mars 2015

« DÉTRUISEZ CE TEMPLE ET.. »

Pour les juifs, le temple, c’est sacré. Ce temple, qui est censé être la maison de Dieu, est devenu une maison de commerce et de trafic. Jésus, au nom du respect dû à ce lieu, entre dans une sainte colère et chasse les vendeurs du temple.   Pour nous aujourd’hui, il faut voir dans cet événement un appel au respect de nos églises qui demeurent un symbole pour témoigner de la présence d’un peuple de croyant dans la cité. Cependant la vraie maison de Dieu sur terre, c’est le corps de chaque croyant qui témoigne d’un Dieu agissant au quotidien et le vrai signe de Dieu au cœur de l’humanité, ce sont les chrétiens(es) et non le nombre de nos églises. À quoi sert d’avoir plusieurs églises qui font en sorte de fragmenter davantage ceux qui fréquentent les célébrations tout en augmentant les coûts d’entretien de ces bâtiments. Si le corps du croyant est la vraie maison de Dieu.

« Détruisez ce temple et en trois jours je le relèverai ». Nous avons de sérieuses questions à nous poser en toute honnêteté : de quoi nourrissons-nous notre cœur de croyant? Notre intérieur est-il une maison de trafic? Quelles sont nos lectures? Nos émissions de télévision, nos désirs secrets  est-ce l’avoir, le pouvoir? Après le hockey, après nos téléromans, quelles sont nos idoles? Dieu ne nous demande pas d’être parfaits, mais de respecter son temple : le cœur du croyant. Ne faisons pas de son temple une maison de trafic.

22 février 2015

Il est dans le désert quarante jours......

Le désert peut représenter tout ce qui n'est pas Amour, qui peut se quantifier et  qui nous limite.  Telle est la condition humaine que Jésus a assumé et que nous assumons tous.  Nous sommes plongés dans un monde dépourvu de sens et imbibé de souffrances.  En quelque sorte, il nous est donc légitime de crier haut et fort à qui voudra bien nous entendre:  mais pourquoi pas l'Amour?

Seigneur Jésus au début de ce carême tu me pousses au désert pour que dans la prière, le jeune et l'aumône je puisse te rencontrer et tourner mon cœur de nouveau vers toi. Seigneur Jésus, aide-moi durant ce temps de carême à convertir mon cœur vers Toi.   Aide ma pauvre foi pour que je puisse te voir et voir aussi les circonstances de ma vie comme tu les vois.  Amen.

8 février 2015

Une présence qui guérit

L’évangile de Marc présente une journée type du ministère de Jésus. Il enseigne dans la synagogue, guérit les malades, délivre les possédés. Ses journées sont bien remplies! Et ses nuits ne sont pas seulement consacrées à un sommeil bien mérité. Il éprouve le désir d’aller prier dans un endroit désert «bien avant l’aube». Rencontrons-le chez la belle-mère de Simon souffrant de la fièvre. Que fait-il? Sans qu’on le lui demande, il s’approche de la malade, lui prend la main, la fait se lever; il la guérit. En présence des malades de toutes sortes, Jésus ne peut retenir son cœur compatissant.

Ne sommes-nous pas, un jour ou l’autre, fiévreux, aveugles, sourds, muets, paralysés? Jésus est contagieux de santé psychique et spirituelle; il veut nous guérir. Il nous rend capables de voir les merveilles de Dieu et la grandeur des personnes, d’entendre la Parole de Dieu et les cris des gens dans le besoin, d’aller porter la Bonne Nouvelle, pas nécessairement en paroles, mais en action.

Empruntons le regard de Jésus pour rencontrer les personnes souffrant dans leur corps, leur âme  ou leur esprit et n’ayons pas peur de leur dire qu’elles ont une place à part entière dans nos communautés.

25 janvier 2015 

Croire, c’est apprendre à changer.

Toute notre vie est un apprentissage à vivre des changements : changement d’âge, changement de travail, changement d’amis, changements de lieux ….Ce n’est pas toujours facile, et tout va selon les buts fixés.

Simon, André, Jacques et Jean ont choisi d’abandonner commerce et entreprise familiale pour répondre à l’invitation de Jésus et marcher à sa suite. Ce Jésus les a séduits et ils ont crû en sa mission d’annoncer l’Évangile de Dieu. Leur vie a complètement basculé car ils ont eu confiance en Lui.

Pour nous aussi, la foi en Jésus appelle des changements visibles. Notre foi fournit l’audace de changer pour ajuster sa vie à l’Évangile. Elle peut nous donner des ailes pour réaliser des transformations aussi nécessaires que bienfaisantes. Croire en Jésus, c’est encore et toujours entendre des invitations puissantes à changer pour le mieux et pour le bien de notre monde.

En ce dernier jour de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, rendons grâce pour toutes les personnes qui intègrent à leur quotidien la nouveauté d’un monde éternellement béni par la présence active de Dieu.

11 janvier 2015

C'est Noël tous les jours, car Noël, c'est l'Amour!

Noël tire à sa fin et que de fois nous avons dit à ceux et celles qui nous entourent que nous les aimons! Mais est-ce que nous aimons nos parents et nos amis seulement à Noël et au jour de l'An? Il y a des gens qui viennent nous voir à Noël et dont nous n'entendrons plus parler d'ici le prochain Noël. Loin des yeux, loin du coeur...

Aujourd'hui Jésus se fait baptiser par son cousin Jean Baptiste. C'était un événement très important pour Jésus, une étape nouvelle dans sa vie, lui qui venait de quitter le confort de sa famille. Il devait sûrement être anxieux, stressé. C'est alors que son Père du ciel a voulu le rassurer, lui dire de ne pas s'inquiéter, parce qu'il était toujours avec lui. Dieu lui donna un signe: une colombe qui descendit sur lui et une voie vint du ciel: C'est toi mon Fils bien aimé, en toi, j'ai mis tout mon amour. Dieu est constamment avec son fils Jésus et il lui rappelle son amour.

Parfois, il est bon que nous disions nous aussi à nos enfants, à nos amis que nous les aimons. Pas seulement aux jours de fête et lorsqu'ils font de belles choses et réussissent dans la vie. Ils ont surtout besoin de se faire dire je t'aime dans les moments d'anxiétés , de faiblesses, et pourquoi pas, sans aucune raison particulière. Si Dieu disait souvent à son Fils qu'il l'aimait, nous aurions bien raison de le dire nous aussi, vous pensez pas! 

21 décembre 2014

Que répondons-nous?

Nous voici parvenus à une semaine de Noël. Dans les magasins, c’est la ruée vers les cadeaux. Chacun veut partager sa joie avec les autres.

En ce 4e dimanche de l’Avent, la liturgie oriente notre regard vers une jeune fille de Nazareth. Elle a vécu la plus grande aventure de l’humanité. Elle a été choisie par Dieu pour être la mère de son Fils.

Aujourd’hui encore, le Seigneur continue à appeler des hommes, des femmes et même des enfants. Ce n’est plus par l’ange Gabriel qu’il intervient dans notre vie. Il nous rejoint dans les diverses circonstances par les personnes qu’il met sur notre route. Nous sommes choisis par Dieu pour incarner sa bonté, sa tendresse et sa justice.

Le Seigneur a besoin de nos mains pour continuer les siennes. Il a besoin de nos lèvres pour prononcer ses paroles. Il a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Quelle que soit la question qu’il nous pose, il nous invite à lui dire oui.

Aujourd’hui, la question nous est posée bien simplement : Accepterons-nous la venue du Christ en nous et dans notre vie. Porter Dieu en nous et l’offrir au monde.

Comme Marie, Dieu nous appelle pour nous confier une mission, une responsabilité. Dieu notre Père. Tu as comblé de grâce la Vierge Marie, docile à ta Parole. Que cette même grâce nous accompagne et nous irons annoncer à nos frères la venue de ton Fils.

 

14 décembre 2014

Troisième dimanche de l’Avent:   La joie.

La joie est une émotion ou sentiment de satisfaction spirituelle, plus ou moins durable, qui emplit la totalité de la conscience. Elle se rapproche de ce qui forme le bonheur, Il y a une différence entre joie et plaisir.

Dans l’évangile de ce jour Jean-Baptiste crie dans le désert pour nous inciter à se préparer à la venue de Jésus, notre Sauveur. Il semble joyeux et enthousiaste de faire cette proclamation à qui veut bien l’entendre.

La joie d’un chrétien est celle de savoir qu’il est sauvé par Jésus fait homme. Est-ce que cette joie oriente ma vie, comble ma vie, me nourrit suffisamment pour que j’ai le goût de la partager, qu’elle devienne contagieuse, me dicte une façon d’accomplir ma mission?

Bonne semaine!

30novembre 2014

VEILLER et devenir «bien – veillant»

Avec le premier dimanche de l’Avent s’ouvre une nouvelle année liturgique, et l’évangéliste Marc nous présente aujourd’hui les recommandations de Jésus à ses disciples lesquelles peuvent se résumer en un mot : «VEILLER».

VEILLER c’est nous rendre attentifs et attentives à la venue du Christ Jésus mais aussi à l’existence de nos sœurs et de nos frères : prêter attention à leur vécu, être bien veillant à leur égard.

VEILLER c’est regarder, comprendre et agir : ouvrir les yeux et les oreilles de notre cœur.

VEILLER c’est être disponible à l’imprévu : faire ce que nous pouvons selon notre âge, nos moyens, notre état de vie et les ressources que nous avons.

Veiller c’est être prêts et prêtes à accueillir le rendez-vous d’amour que Jésus prévoit chaque jour pour chacune et chacun de nous.

En veillant ainsi, nous découvrirons la bienveillance de Dieu dans notre vie, les signes merveilleux de sa présence dans nos projets, nos rencontres.

Au cours de cet Avent, plongeons dans la Parole, en prenant le temps de la méditer, de la prier pour nourrir notre foi et pour devenir, à notre tour, bienveillants à la manière de Jésus.

16 novembre 2014

Dans la parabole des talents, de l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus nous raconte une histoire pour nous faire saisir l’immense amour de son Père qui nous confie sa PAROLE à  faire fructifier. C’est là toute sa richesse, et il prend le risque de nous l’offrir ainsi, c’est qu’il a une grande confiance en nous. En retour, il s’attend à ce que nous soyons à la hauteur du don dont il nous comble. Que nous prenions nos responsabilités comme filles et fils de son Père et que nous développions ses dons selon nos capacités.

Pour exister, pour vivre pleinement, le Seigneur attend de nous, qu’à partir de nos dons, nous travaillions à construire la vie, pour grandir et vivre pleinement, et ainsi, faire fructifier ce qui est en nous et ainsi servir la PAROLE DE DIEU. Alors et alors seulement, nous pourrons devenir des serviteurs, des servantes utiles. Ainsi, au retour de son voyage, sans peur, nous pourrons répondre joyeusement à la question de Dieu : qu’as-tu fait des dons que je t’ai donnés?

2 novembre 2014

Ne pas déranger.

Partir en douce, sans faire de bruit, tout en douceur, sans déranger personne, comme si on n'avait pas exister. C'est ainsi que bien des gens aujourd'hui entrevoit leur départ de ce monde. Comme si on n'avait connu personne et que notre vie avait été inutile. C'est assez curieux, quand même, vous trouvez pas?

C'est peut-être qu'aujourd'hui, beaucoup ne savent pas quoi penser de la mort, pourtant incontournable, et qu'elle fait peur, comme tout ce qui  est inconnu. La mort, la fin de tout, nos défunts disparus à jamais ou entrés dans une transformation inconnue  appelée  réincarnation...

La foi chrétienne qui nous vient de la Parole de Dieu nous dit  qu'après la mort  la vie n'est pas détruite, elle  est transformée en vie éternelle grâce au Christ ressuscité et vainqueur de la mort. 'Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu.

Si forte que soit notre foi, le deuil est une période difficile à traverser qui peut durer des années. Mais, un bon jour,  la peine est apaisée et le souvenir devient plus doux.  Notre foi chrétienne a donné un sens à la mort de nos personnes disparues  et chaque année, le 2 novembre nous faisons  mémoire de tous nos bien-aimés qui sont auprès de Dieu.' C'est grand la mort, c'est plein de vie dedans.' Félix Leclerc

19 octobre 2014

Rendez à César……

On a parfois voulu utiliser ce passage d’évangile pour prétendre que l’Église (l’Église, c’est nous tous, mais ceux qui tiennent cette position l’entendent plutôt des autorités officielles de l’Église…) devrait se tenir bien loin de tout ce qui sent la politique… comme si, pour rester « pure », l’Église devait se limiter à un discours abstrait et théorique sur la foi et la morale, ou sur Dieu lui-même, sans jamais enraciner son évangélisation dans la vie concrète et nécessairement politique des gens. C’est sortir de son contexte la célèbre réponse e Jésus aux pharisiens… « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Pour nous chrétiens, ce texte de la Parole, devrait nous inviter à repenser notre attitude devant notre devoir de citoyen face à l’impôt que nous avons à payer.   Si nous payons des impôts c’est pour le service du bien commun.  Cela traduit notre volonté de participer à l’édification d’une société plus juste et plus fraternelle tant sur le plan économique, politique, matériel que spirituel.  Ce n’est pas parce que nous nous disons chrétiens (es) que nous sommes, par le fait même, déconnectés de la société dans laquelle nous vivons et que nous devons nous échapper à nos responsabilités  de citoyens.  Nous avons à contribuer à l’effort communautaire  pour une société plus juste.  Il ne nous faut pas oublier que ce qui est à Dieu doit s’incarner dans ce qui est à César.

21 septembre 2014

La logique du cœur de Dieu

La parabole des «ouvriers de la dernière heure» est souvent critiquée parce que jugée uniquement au plan humain de la justice sociale, de l’économie. Cette parabole n’est pas un traité sur la justice sociale, son but est spirituel. Il s’agit d’une révélation sur le «Royaume des cieux». «Allez à ma vigne» répète Jésus. La «vigne» c’est le lieu du bonheur, de l’Alliance avec Dieu. C’est le Royaume de l’éternité ouvert à tous et à toutes : «la récompense de Dieu, c’est Dieu lui-même» dit saint Augustin.

Le «Royaume des cieux» c’est le lieu de la bonté de Dieu, où celui-ci ne cesse de nous inviter à entrer, un Dieu qui nous aime infiniment, qui répand ses bienfaits à profusion, qui «invite», qui «appelle» à toute heure, à tout âge, dans toute situation, un Dieu dont la bonté n’est pas limitée par nos mérites. Dans notre quotidien, imitons l’attitude de Dieu, qui est juste et bon.

Et c’est ainsi que nous apprendrons la logique du Cœur de Dieu.